Démission de Jacob Zuma en Afrique du Sud : du président de l'espoir aux soupçons de corruption

Démission de Jacob Zuma en Afrique du Sud : du président de l'espoir aux soupçons de corruption

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AFRIQUE - Le chef d'Etat sud-africain a démissionné mercredi soir, sous la pression de son parti. Retour sur une longue carrière, marquée par la prison, la prise du pouvoir avec Nelson Mandela mais aussi un parfum de scandale.

Il était surnommé "le président Teflon", tant les accusations semblaient glisser sur lui. Elles auront finalement eu raison de Jacob Zuma qui, mercredi soir, a opté pour la démission. La fin d'un règne de dix ans en Afrique du Sud pour le président âgé de 75 ans, entre scandales et soupçons de corruption.

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"J'ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation", a déclaré M. Zuma lors d'une allocution retransmise en direct à la télévision. "J'ai servi le peuple d'Afrique du Sud de mon mieux", a-t-il ajouté, concédant toutefois ne pas avoir été "un parangon de vertu".

Accusations de corruption

Âgé de 75 ans, Jacob Zuma devrait probablement s'écarter de la vie politique. La fin d'une carrière débutée dès le plus jeune âge : jeune homme, il a passé dix ans au bagne de Robben Island, au large du Cap, avec Nelson Mandela. Une fois libéré, Jacob Zuma dirige la mise en place des structures clandestines de l'ANC dans sa région d'origine, avant de prendre le chemin de l'exil. Il y dirige les services de renseignements de l'organisation à la fin des années 1980.


Après la légalisation de l'ANC en 1990, c'est le retour en Afrique du Sud. Cadre du parti, il participe aux négociations qui mènent aux premières élections démocratiques de 1994 et à la victoire de son parti et de l'icône Nelson Mandela. Une fois l'ANC au pouvoir, "JZ" devient ministre provincial au KwaZulu-Natal (nord-est), puis vice-président de la République en 1999 jusqu'à son limogeage en 2005. Sa traversée du désert n'est que de courte durée : il prend le pouvoir en s'appuyant sur l'aile gauche de l'ANC et les syndicats. Il incarne alors les espoirs de promotion des plus pauvres. Fin 2007, il parvient à prendre les rênes du pays : il réussit tout d'abord  à évincer de la direction du parti Thabo Mbeki qui l'avait limogé de la vice-présidence du pays deux ans plus tôt à cause, déjà, d'accusations de corruption. Quelques mois plus tard, il se venge en obtenant la tête de son rival, contraint de quitter son poste de chef de l'Etat.

Homme de réseaux, tacticien éprouvé et, surtout, doté d'un "nez" politique particulièrement fin, Jacob Zuma a réussi à naviguer entre les écueils et les déboires tout au long de sa carrière. Par exemple juste avant les élections générales de 2009, la justice renonce à le poursuivre, lui qui est  accusé d'avoir touché des pots-de-vin lors d'un contrat d'armement avec, entre autres, le Français Thales. Autre illustration, en 2006, quand le président est reconnu coupable d'avoir violé la Constitution pour avoir fait payer par le contribuable des travaux de modernisation dans sa résidence privée. Il est contraint d'en rembourser près d'un demi-million d'euros. Puis c'est un rapport officiel qui met en cause ses relations controversées avec une riche famille d'hommes d'affaires d'origine indienne, les Gupta. Et la justice pourrait très prochainement relancer ses poursuites dans l'affaire Thales...

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