Dénucléarisation de la Corée du Nord: Kim Jong-Un fait des gestes, Washington prêt au dialogue

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POLITIQUE - Au cours du troisième sommet intercoréen depuis avril, le dirigeant nord-coréen, qui accueillait le président sud-coréen Moon Jae-in à Pyongyang, a aussi annoncé une prochaine visite historique à Séoul.

Kim Jong-Un a accepté, mercredi, de fermer, devant des inspecteurs internationaux, un site d'essai de missiles nord-coréens, un geste salué par les Etats-Unis qui se sont dits prêts à reprendre "immédiatement" les négociations sur la dénucléarisation qui étaient dans l'impasse.


Depuis la Maison Blanche, Donald Trump, qui envisage une seconde rencontre avec Kim Jong-Un, a salué des "progrès extraordinaires". "Souvenez-vous d'une chose : avant que je ne devienne président, beaucoup de gens pensaient qu'une guerre avec la Corée du Nord était inévitable", a martelé le président américain.

"Prêt à prendre des mesures complémentaires"

Son secrétaire d'Etat Mike Pompeo a ensuite annoncé que les "engagements importants" pris par le régime nord-coréen étaient de nature à relancer "immédiatement des négociations" en vue d'une "dénucléarisation rapide" qui devra s'achever "d'ici janvier 2021", avant la fin du mandat de Donald Trump.


Pyongyang s'est aussi dit prêt à "prendre des mesures supplémentaires y compris le démantèlement permanent du complexe nucléaire de Yongbyon", le centre de recherche atomique le mieux connu du Nord, mais à condition que "les Etats-Unis prennent des mesures correspondantes". 


Ces contreparties ne sont pas précisées, mais la Corée du Nord espère obtenir la fin officielle de la guerre de Corée, qui ne s'est conclue en 1953 que par un simple armistice, ainsi qu'une levée au moins partielle des dures sanctions internationales. Sans faire allusion à cette demande de contreparties, Mike Pompeo a salué ces deux gestes.

Un site non-utilisé

Pyongyang a effectué de nombreux lancements de missiles depuis le site de Tongchang-ri, également connu sous le nom de Sohae. Mais d'autres sites ont aussi été utilisés, ce qui relativise la portée de l'engagement. "Kim la joue de façon brillante: Venez vérifier que je démantèle un seul site que je n'utilise plus de toute façon, pendant que je produis en masse les missiles que le site m'a permis de développer", souligne Vipin Narang, chercheur au MIT.


Pour Jeffrey Lewis, spécialiste du contrôle des armements, l'opinion généralement admise était par ailleurs que l'usine d'enrichissement d'uranium de Yongbyon "avait été construite avec la claire intention d'être sacrifiée".

Le voyage à Séoul de Kim Jong-Un, qui pourrait intervenir cette année, serait la première visite d'un dirigeant du Nord dans la capitale sud-coréenne depuis la fin de la guerre.

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