Départ à la retraite : l'Allemagne s’apprête à... avancer l'âge légal

Départ à la retraite : l'Allemagne s’apprête à... avancer l'âge légal

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ALLEMAGNE – A contre-courant, l'Allemagne s'apprête à abaisser l'âge légal de départ à la retraite à 63 ans à l'horizon 2030, contre 67 ans aujourd'hui. Un reviremen en forme de concession d'Angela Merkel au SPD.

Loué pour ses performances économiques, l'Allemagne se démarque à nouveau, cette fois sur le terrain des retraites. Alors que la tendance est au recul de l'âge légal de départ, nos voisins allemands s’apprêtent à ramener cette borne à 63 ans, contre 67 ans aujourd'hui (65 ans pour 45 années de cotisations), conformément à la loi adoptée en 2007. Si cet avancement est encadré, la ligne tracée par cette réforme, présentée mercredi en conseil des ministres allemands, n'en est pas moins à contre-courant.

Concrètement, le texte ne revient sur le principe de départ à la retraite à 67 ans qu'à partir de 2029. A cette date, les salariés qui auront cotisé au minimum 45 ans pourront s'arrêter de travailler à 63 ans, contre 65 ans actuellement. En France, la réforme définitivement adoptée en décembre dernier n'a pas touché à l'âge de départ à 62 ans, mais elle porte la durée de cotisation minimum pour une retraite à taux plein à 43 annuités.

Une exigence du SPD

La réforme allemande ne s'arrête pas là. Elle offre notamment un coup de pouce aux mères ayant eu un enfant avant 1992 ou la mise en place d'une pension minimum afin de lutter contre le problème des retraités pauvres outre-Rhin. Autant de dispositions qui coûtent chères : rien que 60 milliards d'euros d'ici 2020 pour la première phase de financement, a révélé récemment le ministère fédéral allemand du Travail.

Mais, à la différence de la France, contrainte de faire des économies pour réduire le déficit de son régime de retraites, l'Allemagne a les moyens de mener sa réforme. La caisse de retraite allemande présente en effet un excédent budgétaire enviable. Un paramètre qui a sans nul doute pesé dans la décision de la chancelière de revenir sur la loi qu'elle avait fait voter au début de son premier mandat avec le soutien des socialistes du SPD. Ces mêmes socialistes qui jugent aujourd'hui que cet appui leur à coûté la victoire aux législatives de septembre dernier. Ils ont conditionné leur participation à une large coalition avec le CDU d'Angela Merkel à cette remise à plat du texte de 2007.

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