Dépénalisation des agressions sexuelles sur mineurs : le gouvernement turc fait machine arrière (pour l'instant)

Dépénalisation des agressions sexuelles sur mineurs : le gouvernement turc fait machine arrière (pour l'instant)
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RETOUR EN ARRIERE – Suite à d'importantes manifestations, le président Erdogan a demandé à ce que soit trouvé un consensus sur le projet de loi prônant l’amnistie des violeurs de mineurs, à condition qu’ils épousent leur victime.

La rue a finalement eu raison du projet. Selon les informations de l’AFP, le Premier ministre turc Binali Yildiri a annoncé ce mardi 22 novembre le retrait d’un texte de loi pour le moins controversé, prévoyant la dépénalisation des agressions sexuelles sur mineurs. Très concrètement, ce projet de loi aurait pu rendre possible une annulation de condamnation pour violence sexuelle sur mineur… si l’agresseur choisissait d’épouser sa victime.

Une proposition jugée ubuesque par de nombreuses citoyennes turques qui ont battu le pavé la semaine passée pour réaffirmer que "non, le viol ne peut pas être pardonné". Devant le tollé, le président Erdogan s’est donc exprimé lundi soir et a appelé le gouvernement à "régler ce problème dans un esprit de large consensus en prenant en compte les critiques et les recommandations issues des différentes composantes de la société."

L'égalité homme-femme "contre-nature"

Voilà donc un sursis non négligeable pour ce texte, qui devrait bénéficier des propositions des ONG de protection de l’enfance et des partis d’opposition. C’est en tout cas ce qu’a déclaré le Premier ministre, précisant que le projet de loi retournerait en commission, "afin de parvenir à un consensus". 

Depuis l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan et du parti de l’AKP en 2002, la condition des femmes en Turquie n’a eu de cesse de se détériorer. On lui doit notamment l’affirmation selon laquelle l’égalité homme-femme serait "contre-nature",  et l’avortement "un meurtre". 

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