Derek Chauvin, le policier incriminé dans la mort de George Floyd avait déjà fait l'objet de 18 signalements

Derek Chauvin, le policier incriminé dans la mort de George Floyd avait déjà fait l'objet de 18 signalements
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INTERPELLATION - Derek Chauvin, le policier accusé d'avoir étouffé George Floyd lors de son arrestation, a été interpellé ce vendredi pour homicide involontaire. Il avait fait l'objet de 18 plaintes en interne mais celles-ci n'avaient jamais donné lieu à sanction.

Son visage a marqué les esprits. Sa liberté a provoqué la colère. Celui qui est accusé d'avoir asphyxié George Floyd est désormais arrêté. "Le policier impliqué dans la mort de M. Floyd, qui a été identifié comme Derek Chauvin, a été placé en détention" par la police criminelle, a annoncé ce vendredi 29 mai le commissaire John Harrington, du département de la Sécurité civile du Minnesota. Il est inculpé d'acte cruel et dangereux ayant causé la mort et d'homicide involontaire.

Dans la police depuis 19 ans, ce quadragénaire est celui qu'on voit dans la vidéo de l'arrestation de George Floyd, qui a précédé sa mort. Filmé le genou sur la tête de cet Afro-américain décédé peu après, il a ravivé les plaies raciales des Etats-Unis. 

Plusieurs plaintes à son actif

A 44 ans, Derek Chauvin a été licencié, comme trois autres policiers, après les faits. Mais cette annonce du maire de la ville, Jacob Frey, n'avait pas suffi à calmer la colère de la population, outrée par les images de l'arrestation violente de cet Afro-américain. Les habitants de Minneapolis sont sortis dans la rue, créant de nouvelles scènes de violences urbaines. Une situation qui a poussé au déploiement de 500 soldats de la garde nationale

Entre autres raisons de cette colère, l'impunité à laquelle les forces de l'ordre auraient le droit. Et pour cause, l'officier, qui a rejoint les rangs de la police de Minneapolis en 2001, avait déjà été impliqué dans plusieurs incidents. En tout, il a fait l'objet de 18 plaintes en interne, selon le département de police, qui n'a cependant pas précisé de quelles infractions il s'agissait.

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Mais les médias locaux ont fouillé son passé. Et retrouvé plusieurs articles le concernant. Ainsi, le plus grand quotidien de l'État du Minnesota, Star Tribune, rappelle qu'en 2008, l'homme avait tiré et blessé un individu sans armes après un appel pour violences domestiques. The Daily Beast note quant à lui que Derek Chauvin était l'un des cinq officiers mis en congé forcé de trois jours après la mort d'un individu lors d'une opération policière. Les autorités avaient par la suite déterminées que cette équipe avait agi "de manière appropriée" en abattant le jeune homme de 23 ans et ses hommes avaient pu reprendre du service. 

Chacune des plaintes disponibles sur la base de données en ligne d'un collectif qui documente les cas de violence policières, montrent qu'elles se sont toutes conclues par "aucune sanction" ou uniquement une lettre d'avertissement. Ce groupe, baptisé le Communities United Against Police Brutality - littéralement les Communautés unies contre la brutalité policière - reproche également à cet individu d'avoir indirectement provoqué la mort de trois personnes. Elles sont décédées après qu'une voiture, que poursuivaient Derek Chauvin et un autre agent, les a heurtées, en 2005. Une situation qui est loin d'être une exception. A ses côtés, l'officier Tou Thao, lui aussi limogé, a six plaintes à son actif, dont l'une est toujours en cours. 

Un pro-Trump ?

Dès l'identité du policier révélée, les réseaux sociaux se sont empressés d'en savoir plus sur cet homme dont le visage symbolise aux yeux de nombreux Américains celui de la violence policière contre les personnes racisées. Une publication a alors rapidement laissé penser que cet ancien officier était sur la scène lors d'un rassemblement pro-Trump en octobre dernier dans le Minnesota. 

Le cliché montre en effet plusieurs officiers souriants debout aux côtés du président des Etats-Unis dans des t-shirts où est inscrit "Cops for Trump" (la police avec Trump). USA Today a cependant révélé que l'homme en question était en fait Mike Gallagher, le président d'un syndicat de police. 

Connaissait-il George Floyd ?

C'est l'une des grandes interrogations soulevées ce vendredi. Et si l'homme arrêté pour homicide involontaire connaissait sa victime présumée ? C'est en tout cas ce qu'avancent de nombreuses sources interrogées par les médias américains. En premier lieu la patronne d'un resto-bar. Interrogée par la chaîne locale KSTP, elle a révélé que les deux hommes étaient collègues de travail jusqu'en 2019 au El Nuevo Rodeo, dans le centre-ville de Minneapolis. "Ils travaillaient ensemble en même temps. C'est juste que Chauvin a travaillé à l'extérieur et que les gardes de sécurité [dont George Floyd faisait partie ndlr.] étaient à l'intérieur." 

La vice-présidente du conseil municipal de Minneapolis a ensuite corroboré cette information. Auprès de MSNBC, Andrea Jenkins a affirmé que les deux individus étaient "tous les deux des agents de sécurité de ce restaurant", et qu'ils étaient collègues "très longtemps"

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De nombreuses interrogations persistent donc. Et seuls les résultats de l'autopsie et les conclusions des enquêtes fédérales et locales pourront permettre d'établir les responsabilités de ce drame qui embrase l'Amérique. 

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