Dernier jour au pouvoir de Raul Castro, la fin d'une ère à Cuba

ARIEL LEY / ACN / AFP

SYMBOLE - Le premier secrétaire du Parti communiste cubain, 89 ans, laisse place lundi 19 avril à une nouvelle génération, un moment historique après six décennies de pouvoir des frères Castro.

Pour l'immense majorité des 11,2 millions de Cubains qui n'ont jamais connu qu'un Castro aux manettes, le changement qui s'opère ce lundi est un symbole fort. Raul Castro, 89 ans, entame son dernier jour à la tête du Parti communiste de Cuba avant de laisser la place à une nouvelle génération : celle qui n'a pas fait la révolution de 1959.

"J'ai la satisfaction de savoir que l'on remet la direction du pays à un groupe de dirigeants préparés", qui défendent les "principes de la Révolution et du socialisme", a-t-il lancé, vendredi 16 avril, en ouverture du congrès historique du parti à La Havane, baptisé "congrès de la continuité"

Pas de changement de ligne

Dimanche 18 avril, les 300 délégués du parti (700.000 membres officiellement) ont élu le nouvel Comité central, organe de direction composé de 114 personnes. Ce lundi, dernier jour du congrès du parti unique, ces dernières désigneront à leur tour le Bureau politique, cœur du pouvoir qui compte actuellement 17 membres et dont seront issus les nouveaux numéros un et deux. Ce changement à la tête du parti, et la fin de six décennies de pouvoir des frères Castro, bien que hautement symboliques, ne changeront en rien la ligne politique. Pour le gouvernement, échauffé par quatre années de sanctions de l'administration Trump, la guerre idéologique reste primordiale.

"L'existence à Cuba d'un parti unique a été et sera toujours la cible des campagnes de l'ennemi [les États-Unis, ndlr], déterminé à fragmenter et diviser les Cubains avec les chants des sirènes de la sacro-sainte démocratie bourgeoise", a clamé Raul Castro, appelant les nouvelles générations à "protéger avec zèle" le dogme du parti unique. 

Miguel Diaz-Canel, premier civil à diriger le parti

Le président de Cuba depuis 2018, Miguel Diaz-Canel, 60 ans, devrait prendre sa relève comme premier secrétaire du parti unique, poste le plus puissant à Cuba, l'un des cinq derniers pays communistes au monde avec la Chine, le Vietnam, le Laos et la Corée du Nord. Ce dernier va ainsi prendre le contrôle total du pays, comme l'ont fait en leur temps Fidel Castro, mort en 2016, puis son frère Raul. Il sera le premier civil à diriger le parti, dans lequel il a fait toute sa carrière. 

"Ce qui est important, c'est qui le Parti communiste choisira comme numéro deux du parti, ainsi que d'autres postes forts, en termes d'âge, de genre et de race", commente à l'AFP John Kavulich, président du Conseil économique et commercial Etats-Unis/Cuba. Car "pour le moment, l'âge cumulé des trois dirigeants les plus importants du Parti communiste de Cuba approche les 300 ans".  Un changement de mentalité, aussi, est nécessaire selon lui, alors que ce passage de témoin survient à un moment critique pour l'île, plongée dans sa pire crise économique en 30 ans sous l'effet de la pandémie de coronavirus et du renforcement de l'embargo américain imposé depuis 1962.

Les Cubains fatigués

Le parti "n'a plus besoin de se battre pour une révolution mais plutôt de gérer un pays". La plupart des Cubains sont fatigués des pénuries et interminables files d'attente, dans cette île obligée d'importer 80% de ce qu'elle consomme.

Sur les réseaux sociaux, dopés par l'arrivée de l'internet mobile fin 2018, les jeunes Cubains, nombreux chaque année à s'exiler faute d'opportunités, expriment d'ailleurs de plus en plus leurs frustrations dans ce pays où les manifestations sont rarissimes. Face à cette grogne sociale inédite, Raul Castro a fustigé la "subversion" des réseaux sociaux qui donnent "une image virtuelle de Cuba comme une société moribonde et sans avenir, sur le point de s'effondrer et laisser place à l'explosion sociale, tant souhaitée" par les États-Unis. Et le parti a adopté une résolution pour renforcer "l'activisme révolutionnaire sur les réseaux sociaux".

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Pendant le congrès, des dizaines de militants, journalistes indépendants et artistes ont dénoncé via Twitter être empêchés par la police de sortir de chez eux, une technique utilisée par les autorités pour empêcher tout rassemblement. D'autres ont dit avoir subi des coupures d'internet.

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