Des dizaines de Palestiniens blessés après une confrontation avec l'armée israélienne sur l'esplanade des Mosquées

International
CONFLIT - Au premier jour de la fête d'Aïd al-Adha, ou Aïd el-Kébir, la plus grande fête religieuse musulmane, des dizaines de Palestiniens ont été blessés dans des affrontements avec les forces de l'ordre israéliennes, dimanche 11 août.

Des affrontements entre policiers israéliens et fidèles palestiniens ont eu lieu, sur l'esplanade des Mosquées, lieu de haute tension à Jérusalem, dimanche 11 août, alors que de nombreux fidèles venaient y célébrer l'Aïd al-Adha, ou Aïd el-Kébir, la plus grande fête musulmane, qui doit se dérouler jusqu'au 15 août. Des dizaines de blessés sont à recenser côté palestinien (61 dont quinze hospitalisés), et 4 du côté des forces de l'ordre israéliennes.

Un lieu saint musulman dans un secteur palestinien, contrôlé par Israël

A l'occasion de cette fête des centaines de Palestiniens s'étaient réunis sur l'esplanade, située à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville, mais contrôlé par Israël, bien que cette situation ne soit pas reconnue par la communauté internationale. Les fidèles musulmans ont alors commencé en arabe : "Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifions pour toi Al-Aqsa", en référence dans un premier temps au nom de la célèbre mosquée, mais aussi aux origines de la fête, qui commémore le sacrifice que fut tout proche d'accomplir Ibrahim, selon le Coran, pour avoir voulu égorger son fils afin de prouver sa foi, avant de faire volte-face et de remplacer ce dernier par un mouton. 


Après ces premiers cris, des accrochages ont éclaté et les forces de l'ordre israéliennes ont utilisé des grenades assourdissantes pour tenter de disperser des manifestants qui ont tiré des projectiles, relate l'AFP. "C'est notre mosquée, c'est notre Aïd, mais l'armée est arrivée et elle a commencé à frapper et à lancer des grenades", a témoigné auprès de l'AFP, Assia Abou Snineh, 32 ans.

Collision avec une fête juive au même endroit

Conséquence de ces violences, la police israélienne avait dans un d'abord interdit l'accès de l'esplanade aux juifs qui, eux, commémorent aussi une importante fête religieuse, Ticha Beav, qui commémore la destruction des deux Temples. Troisième lieu saint de l'islam, après la Kaaba (La Mecque) et la Mosquée du Prophète (Médine), est donc aussi le lieu saint le plus important aux yeux du judaïsme. Ce dont témoignaient les fidèles juifs venus se recueillir sur place. Mécontents, ils ont fini par obtenir de s'y rendre : "Ça fait 2.000 ans qu'on attend pour être ici et le jour (anniversaire) où le Temple est détruit, on nous dit de ne pas entrer, c'est grave!" s'indignait ainsi Sophia Gehula Cohen.


Les violences ont été condamnées aussi bien par l'Organisation de libération de la Palestine que par la Jordanie, qui ont chacune dénoncé "l'agression" contre l'esplanade des Mosquées par les forces israéliennes. Chef du Hamas, le parti politique islamiste palestinien à la tête de la bande de Gaza et adversaire revendiqué d'Israël, Ismaïl Haniyeh y a vu la confirmation de "la dimension religieuse du conflit" israélo-palestinien.

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