Des patients oxygénés dans leur voiture faute de place, scènes surréalistes à Naples

Des patients oxygénés dans leur voiture faute de place, scènes surréalistes à Naples

BIS REPETITA- La seconde vague de l’épidémie est arrivée en Italie. Faute de place à l’hôpital, des malades du covid-19 sont pris en charge dans leur véhicule à Naples, dans le sud du pays. Un retour en arrière pour l’Italie.

C'est une scène à peine croyable. Devant l’hôpital de Naples, plusieurs voitures sont stationnées en file indienne. Les moteurs sont à l’arrêt. Derrière l’une des vitres entrouvertes, la silhouette d’un patient, masque à oxygène sur le visage, se dessine. Faute de place dans l’établissement de santé, les malades ayant contracté le coronavirus sont pris en charge à l’arrière de leur véhicule. Les bras chargés de bombes à oxygène, les soignants portent assistance aux patients qui souffrent de problèmes respiratoires. Une simple portière les sépare. Cette scène ubuesque révèle un système sanitaire à bout de souffle dans ce pays jusque-là épargné par la deuxième vague de l’épidémie. Au total, on enregistre entre 30 000 et 4000 nouveaux cas positifs chaque jour.

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Ces dernières semaines, le nombre de cas s’est envolé et les établissements de santé peinent à répondre à l’urgence sanitaire. "C’est une situation honteuse, notre système de santé est à terre", s’agace une Napolitaine dont le père a contracté le virus à l’hôpital. Au-delà des établissements de santé, les laboratoires sont eux aussi submergés par le nombre de tests à réaliser. "Malheureusement, notre capacité de faire des diagnostics en un temps réduit est maintenant saturé", déplore le docteur Massimo Puoti, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Niguarda de Milan. Actuellement, il faut compter cinq jours pour obtenir le résultat d’un dépistage en Italie.

Une situation largement "hors de contrôle"

Pour endiguer cette nouvelle crise sanitaire, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a annoncé vendredi dernier une batterie de mesures : un couvre-feu entre 22h et 5 h du matin pour limiter les déplacements des habitants et le port obligatoire du masque a été étendu à l’extérieur et sur tout le territoire. Le chef de l’Etat italien a aussi imposé un confinement dans quatre régions - dont la Lombardie lourdement touchée par l'épidémie au printemps dernier - et les provinces du pays sont classées en trois catégories en fonction de la gravité de la situation. Ces mesures sont pourtant jugées insuffisantes selon l’Ordre des médecins. Les professionnels de santé demandent aux autorités du pays d’instaurer un reconfinement total du pays estimant que la situation est "largement hors de contrôle".

Ce scénario catastrophe contraste avec l’étiquette de bon élève qui collait à l’Italie quelques mois plus tôt. Durement touché par la première vague – 41 500 morts dans la péninsule – le pays d’Europe du Sud semblait avoir évité le deuxième pic  du covid-19. En septembre dernier, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait salué la « prudence » de son voisin italien qui faisait figure de modèle dans une Europe submergée par l’épidémie. Le quotidien milanais Le Corriere della Sera avait même titré "Merkel conseille l’Italie pour les vacances". Un mois et demi plus tard, la reprise de l’épidémie en Italie fait désormais la une des journaux.

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