Des tombes symboliques sur la plage de Copacabana au Brésil, où la pandémie fait rage

Des tombes symboliques sur la plage de Copacabana au Brésil, où la pandémie fait rage
International

PANDEMIE - L'OMS tirait la sonnette d'alarme cette semaine : en Afrique, en Inde, au Brésil, le nombre de cas de coronavirus continue à exploser, et on compte plus de 410.000 morts sur la planète.

1239 morts ces dernières 24 heures au Brésil... Pour ne pas les oublier, mais aussi pour leur rendre hommage, ce jeudi l'ONG Rio de Paz a creusé symboliquement une centaine de tombes dans le sable sur la célèbre plage de Copacabana, haut lieu du tourisme à Rio de Janeiro. "C'est  symbolique, dans le pays des  milliers de personnes sont enterrées dans des tombes  creusées à la va vite, la pandémie fait ressortir toutes les injustices et l'incompétence du gouvernement", souligne Antonio Carlos Costa, le président de cette ONG.

Face à la mer et aux hôtels fastueux, ces croix sont aussi là pour rappeler que le pays s'enfonce dans la crise. La courbe des décès ne cesse de croître alors que le nombre est sous-évalué selon le personnel soignant. Aujourd'hui, les hôpitaux sont débordés. "De nombreuses infirmières ont été infectées par le coronavirus, et malheureusement j'ai perdu beaucoup d'amis", déplore ainsi une infirmière.

Tous vivent la peur au ventre et lorsqu'ils rentrent  chez eux, c'est le même constat : "On est tous tendus, effrayés et moi je fais attention à ne pas amener le virus à la maison", raconte un autre soignant. 

A Rio, les commerces ont rouvert

Mais le président d'extrême droite Jair Bolsonaro n'a cessé de minimiser l'ampleur de la pandémie, qualifiant le Covid-19 de "petite grippe". Il appelle régulièrement à la reprise des activités économiques, et a demandé aux patrons à mener une "guerre" contre les gouverneurs des Etats ayant pris des mesures de confinement. 

Les centres commerciaux ont ainsi reçu l'autorisation de rouvrir à Rio de Janeiro et à Sao Paulo, alors que le Brésil, peuplé de 212 millions d'habitants, a franchi le seuil des 40.000 morts et des 800.000 cas confirmés, devenant le deuxième pays au monde le plus touché.

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Les funérailles s'enchaînent en Inde

Inquiétude aussi en Inde aussi où la pandémie progresse. Dans toutes les villes, les funérailles s'enchaînent les unes après les autres. Mais les différentes autorités de New Delhi s'opposaient vendredi sur les bilans. Les trois municipalités qui composent la ville, ont fait état jeudi de près de 2.100 morts du nouveau coronavirus dans la mégapole de 20 millions d'habitants. Un chiffre qui représente le double du bilan humain avancé par le gouvernement de New Delhi, qui est actuellement de 1.085 morts. 

Confronté à une économie exsangue, le Premier ministre Modi a largement levé au début du mois le confinement draconien imposé fin mars au 1,3 milliard d'Indiens pour freiner la propagation du nouveau coronavirus. Mais le déconfinement s'effectue alors que l'épidémie ne montre toujours pas de signes de reflux en Inde, qui enregistre désormais plus de 10.000 nouveaux cas confirmés par jour et en a pour le moment recensé au total quelque 297.535. 

En nombre de cas confirmés, l'Inde est aujourd'hui le quatrième pays au monde le plus touché par la pandémie, devant le Royaume-Uni. Le géant de l'Asie du Sud déplore officiellement 8.498 morts du Covid-19, un chiffre jugé sous-évalué mais qui reste encore loin des lourds bilans humains des pays d'Europe occidentale ou des États-Unis. 

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Le gouvernement local de New Delhi a toutefois tiré la sonnette d'alarme cette semaine : ses projections font état de plus d'un demi-million de personnes atteintes par cette maladie pour la seule capitale à fin juillet, soit une multiplication par près de 20 de leur nombre en moins de deux mois.

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