Devant l'ONU, Macron se pose plus que jamais en anti-Trump

International
CLIVAGE - Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Emmanuel Macron a défendu mardi le principe du multilatéralisme et dénoncé sans le citer la stratégie du président américain, en Syrie, au Proche-Orient ou encore sur le climat. Un discours répondant presque mot pour mot à celui de Donald Trump.

Une partie de ping-pong à la tribune des Nations unies. Donald Trump et Emmanuel Macron se sont succédé mardi à l'Assemblée générale de l'ONU avec des discours diamétralement opposés, le premier vantant le principe de nations "indépendantes et souveraines", seules à même de faire "prospérer la paix", tandis que le second prônait, pour atteindre ce même objectif, le multilatéralisme. 


Durant sa longue intervention, Emmanuel Macron a pris soin de dénoncer, sans le citer, plusieurs axes de la politique étrangère américaine vantée, quelques minutes avant, par Donald Trump. Sur l'Iran par exemple : quand le président américain annonce des sanctions supplémentaires contre "le plus grand parrain du terrorisme mondial", Emmanuel Macron juge que c'est l'accord de 2015 sur le nucléaire, négocié dans le cadre des Nations unies, qui a permis de réduire la menace d'une course aux armements. Au Proche-Orient, où Donald Trump se félicite à nouveau d'avoir déménagé l'ambassade d'Israël à Jérusalem, le président français assure qu'il n'y aura "pas d'alternative crédible à des Etats vivant côte à côte". 


"Nous ne devons pas exacerber les tensions régionales", a tancé le chef de l'Etat français. "Face aux déséquilibres, je ne crois pas à la loi du plus fort."

Coup de pression sur le climat

Contrepied, également, sur le thème de l'immigration, Emmanuel Macron dénonçant un "discours mensonger" qui consisterait à dire que l'on est "plus fort abrités derrière une fermeture des frontières", plaidant lui-même pour une solution internationale, ou encore sur le thème du dérèglement climatique, dont "ceux qui contestent la réalité en subissent en réalité les conséquences" - allusion probable  à l'ouragan qui a récemment ravagé la côté est des Etats-Unis.


S'agissant du climat, Emmanuel Macron, qui revendique pour la France un rôle de "leader" mondial, a même proposé de ne plus signer d'accords commerciaux "avec les puissances qui ne respectent pas les accords de Paris". Une menace adressée, là encore, aux Etats-Unis qui se sont retirés de l'accord sur le climat après l'élection de Donald Trump


La liste est encore longue... Parmi les réponses directes à Donald Trump, Emmanuel Macron a également manifesté un soutien ostentatoire à la Cour pénale internationale, emblème du multilatéralisme, qualifiée peu avant "d'institution bureaucratique" "sans légitimité" par le président américain, ainsi qu'au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, que les Américains ont quitté en raison de ses prises de position. 

Guerre de "souveraineté"

"Nous devons protéger notre souveraineté et notre indépendance", martelait Donald Trump durant son passage à la tribune de l'ONU. "Je ne laisserai en rien la souveraineté dans les mains des nationalistes", a répondu plus tard le chef de l'Etat français, affirmant que les "peuples" pouvaient être souverains "et dans le même temps" contribuer au multilatéralisme, seul "capable de régler les problèmes de façon pragmatique". 


Un clivage qui n'est pas sans rappeler celui qui s'amorce, sur notre continent, à l'approche des élections européennes de mai 2019. Sur ce terrain aussi, Emmanuel Macron veut tenter de fédérer les courants pro-européens contre ce "nationalisme" qui se consolide peu à peu au sein des Etats-Membres. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Macron

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter