"Dieu est une femme" : une Femen s'empare de Jésus dans la crèche de Noël du Vatican

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FÉMINISME - Les Femen ont perturbé un bref instant la paisible ambiance de Noël qui régnait devant la basilique Saint-Pierre, au Vatican. Trois d'entre elles ont posé, seins nus, devant la Nativité pour dénoncer les "pratiques agressives et oppressantes envers les femmes" des institutions religieuses. L'une d'elles s'est emparée de la statuette de Jésus en criant "Dieu est une femme."

Trois Femen ont successivement réussi à pénétrer, le 24 et 25 décembre, au sein de la crèche de Noël du Vatican, installée devant la basilique Saint-Pierre. Faisant irruption devant la Nativité, elles ont posé seins nus, ornés de l’inscription "#Me Too : Assaulted By Church" ("#Moi aussi : agressée par l’église", ndlr). Se posant "en vierge Marie moderne et libre", elles ont fait savoir leur opposition aux "institutions religieuses patriarcales et à leurs pratiques agressives et oppressantes envers les femmes", explique l'activiste Inna Shevchenko sur Twitter.  


La dernière militante ukrainienne de 25 ans a agi vers 10h00 du matin, soit deux  heures avant la bénédiction "Urbi et orbi" du pape François prononcée depuis le  balcon de la basilique Saint-Pierre devant 50.000 personnes, selon un  communiqué de la police italienne chargée de surveiller les lieux placés sous  haute sécurité. Elle a été arrêtée pour "résistance et blessures à un représentant de  l'ordre public, offenses à des confessions religieuses, tentative de vol et  actes obscènes dans un lieu public".  La jeune femme a subitement jeté son sac à terre et a enlevé son manteau,  dévoilant sa poitrine, avant d'escalader la barrière protégeant la crèche et de  se précipiter sur la statuette de Jésus, selon la police.  


Une des compatriotes ukrainiennes âgée de 22 ans, qui n'a pas opposé de  résistance, devra répondre pour sa part de complicité d'offenses à des  confessions religieuses et de tentative de vol. Les autorités ont par ailleurs  saisi des téléphones et des ordinateurs lors de perquisitions.

"Le hashtag #MeToo [lancé après les accusations portées contre le producteur américain Harvey Weintein] a été une révolution. Il a permis aux femmes de s'exprimer librement. Il a démontré qu'ensemble nous pouvions changer le monde", affirme dans son tweet Inna Shevchenko. "Nous devons continuer à dénoncer toutes les formes de violence commises partout envers les femmes, de l’industrie du cinéma au Vatican", soutient la féministe, qui rappelle que l’avortement est encore illégal dans vingt pays. 

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Elle réclame par ailleurs la libération de Teodora Vasquez, qui a été condamnée à 30 ans de prison au Salvador après une fausse-couche requalifiée en "homicide avec circonstances aggravantes".

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