Après un nouvel essai, la Corée du Nord menace de tirer d'autres missiles

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CORÉE DU NORD - Après de nouveaux essais militaires, Pyongyang a déclaré que les manœuvres des armées américaines et sud-coréennes étaient une "violation flagrante" des efforts de paix dans la péninsule coréenne. Washington, de son côté, ne veut pas "sur-réagir".

Pyongyang a menacé mardi 6 août de réaliser davantage de tests d'armes après avoir tiré de nouveaux projectiles, le quatrième essai du genre en 12 jours, en condamnant le début, au Sud, d'exercices militaires entre Séoul et Washington. "Nous prenons ces tirs au sérieux, nous les suivons de près, nous essayons de comprendre ce qu'ils font et pourquoi, mais nous devons aussi faire attention à ne pas sur-réagir et nous mettre dans une situation où la diplomatie serait exclue", a assuré mardi le chef du Pentagone, Mark Esper.

Ce regain d'activités militaires sur la péninsule semble hypothéquer un peu plus le processus diplomatique amorcé en 2018, Pyongyang a déclaré que les manœuvres militaires conjointes menées par les Etats-Unis et la Corée du Sud étaient une "violation flagrante" des efforts de paix dans la péninsule coréenne et reflétaient un manque de "volonté politique" des deux pays d'améliorer les relations.

Une déclaration qui intervient alors que Pyongyang venait de tirer deux nouveaux "projectiles non identifiés", selon l'état-major interarmées sud-coréen (JCS). Ils ont volé à une vitesse d'au moins Mach 6,9 sur environ 450 kilomètres à une altitude maximale de 37 kilomètres pour s'abîmer de l'autre côté de la péninsule, en mer de l'Est, également connue sous le nom de mer du Japon, a poursuivi le JCS. Cette distance est dans la fourchette moyenne de celle parcourue par les autres projectiles tirés depuis 12 jours.

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Début des exercices militaires annuels pour Séoul et Washington

Séoul a présenté la plupart d'entre eux comme des missiles balistiques de courte portée tandis que Pyongyang a parlé d'un "système de lancement multiple de fusées guidées de gros calibre". Le Conseil de sécurité de l'ONU interdit à la Corée du Nord de tester des missiles. C'est en dépit de nombreuses mises en garde de Pyongyang que Séoul et Washington ont débuté lundi leurs exercices militaires annuels, essentiellement des simulations sur ordinateur qui visent à tester la capacité du Sud à prendre le contrôle des opérations en cas de guerre.

Moins d'une heure après les tirs nord-coréens, un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a dénoncé ces manœuvres comme "un déni non dissimulé et une violation flagrante" de plusieurs accords liant Pyongyang, Washington et Séoul, selon l'agence officielle KCNA. Tous les exercices conjoints entre Séoul et Washington sont "des exercices guerriers agressifs simulant une attaque surprise et préventive de la RPDC", a dit ce porte-parole."Nous sommes donc contraints de développer, tester et déployer les moyens physiques puissants essentiels à la défense nationale", a-t-il poursuivi. "Les autorités américaines et sud-coréennes ne pourront pas les contrer même si on leur donne dix mois pour le faire."

Un frein au processus de dénucléarisation de la péninsule coréenne

"Le Nord est en train de montrer, de façon très directe, qu'il prendra des mesures si les Etats-Unis et la Corée du Sud poursuivent ces exercices militaires annuels", a déclaré Jeong Young-tae, directeur de l'Institut des études nord-coréennes à Séoul, à nos confrères de l'AFP. Après des années de montée des tensions, la péninsule a été en 2018 le théâtre d'une remarquable détente, qui a accouché de trois rencontres entre le président américain Donald Trump le leader nord-coréen Kim Jong Un.

A Singapour, en juin 2018 les deux hommes avaient signé un engagement vague en faveur de la "dénucléarisation de la péninsule coréenne". Leur deuxième sommet, en février à Hanoï, avait été écourté suite à des désaccords profonds. Mais lors de leur rencontre impromptue en juin dans la Zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées, ils sont convenus de reprendre le dialogue. Les discussions de travail n'ont cependant toujours pas repris.

Les experts pensent que le regain d'activités militaires sur la péninsule pourrait différer de plusieurs mois ces négociations. "On ne peut attendre un dialogue constructif quand un des partenaires du dialogue est visé par des exercices simulant une guerre", a déclaré le porte-parole du ministère nord-coréen. "Nous n'avons pas besoin d'un dialogue infructueux et épuisant avec ceux qui n'ont aucun sens de la communication."

Après le sommet de Singapour en juin 2018, Donald Trump avait annoncé la suspension des manœuvres qualifiées de "très provocatrices", reprenant à son compte la rhétorique nord-coréenne. Et les exercices Ulchi Freedom Guardian (UFG), prévus en août 2018, avaient été annulés. Cette année, les plus grands exercices annuels, Foal Eagle et Key Resolve, qui se déroulent normalement au printemps, ont été remplacés par des manœuvres plus petites en mars.

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