Disparition de quatre salariés d'une ONG française: Bagdad, théâtre d'une contestation qui ne faiblit pas

Disparition de quatre salariés d'une ONG française: Bagdad, théâtre d'une contestation qui ne faiblit pas
International

MOYEN ORIENT - Selon nos informations, trois Français et un Irakien, salariés de l'ONG Chrétiens d'Orient, ont disparu depuis lundi en Irak. Ces humanitaires étaient à Bagdad, où les manifestants antigouvernementaux ont relancé leur mouvement ces derniers jours.

L’inquiétude règne ce vendredi au sein de Chrétiens d’Orient. Cette ONG française est sans nouvelles, depuis lundi, de quatre collaborateurs, trois Français et un Irakien, qui étaient en mission à Bagdad. Selon nos informations, ils se trouvaient dans la capitale irakienne pour travailler avec les autorités locales au développement de projets futurs. C'est alors qu'ils se trouvaient tout près de l'ambassade française, non loin d'un quartier chrétien dans le cœur de Bagdad, que leur trace a été perdue. Une disparition qui intervient dans un contexte particulier, la capitale irakienne subissant un vif regain de tensions marqué notamment par un sentiment antiaméricain qui s'est exacerbé.

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C’est ce sentiment antiaméricain qui a poussé, ce vendredi, des milliers de personnes dans les rues de la capitale irakienne. Aux cris de "Dehors, dehors, occupant" ou "Oui à la souveraineté", une foule composée d’hommes, de femmes et d’enfants parfois venus en bus d'autres régions, se sont rassemblés dans le quartier de Jadriyah, agitant des drapeaux irakiens. Tous ont fait le déplacement pour répondre à l’appel de Moqtada Sadr. Depuis le début de la crise sociale en octobre et le regain de tensions entre Washington et Téhéran, le puissant leader chiite est en effet devenu incontournable. Le chef populiste a fait du retrait des forces américaines d'Irak, l'annulation des accords sécuritaires entre Bagdad et Washington et  la fermeture de l'espace aérien irakien aux avions militaires américains, son leitmovit. Moqtada Sadr a aussi appelé Donald Trump à ne pas se montrer "arrogant" face aux responsables irakiens. "Si tout cela est fait, nous traiterons (avec les Etats-Unis) comme avec un pays non-occupant --sinon, nous les considérerons comme un pays hostile à l'Irak", avait-il lancé. Plusieurs factions paramilitaires irakiennes comme celles, pro-iraniennes, du Hachd al-Chaabi, habituellement rivales de Moqtada Sadr, avaient soutenu son appel à manifester.

Le leader chiite Moqtada Sadr à la manoeuvre

Outre ce mouvement essentiellement politique, une autre fronde, sociale celle-ci, agite les rues irakiennes. Depuis le 1er octobre, ils sont des dizaines de milliers, chaque semaine, à réclamer des élections anticipées, un Premier ministre indépendant et la fin de la corruption et du clientélisme. Ce mouvement inédit, car spontané, a été émaillé de violences qui ont fait 460 morts en grande majorité des manifestants depuis le 1er octobre. Il a également été marqué par une campagne d'intimidation, d'assassinats et de rapts de militants

Après avoir perdu un peu de son élan fin décembre face à la montée des tensions entre Téhéran et Washington, ce mouvement de contestation a repris de plus belle cette semaine.  Mercredi, de jeunes Irakiens ont bloqué des routes avec des pneus brûlés ainsi que des autoroutes dans et autour de Bagdad et dans le sud du pays. Ils ont également érigé des barricades pour bloquer une autoroute dans l'est de la capitale. Dans la ville sainte chiite de Najaf, à Al-Hilla et Diwaniya, au sud de Bagdad, les routes étaient également coupées et les institutions publiques fermées.

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