Dix ans après son évasion, que devient Natascha Kampusch ?

DirectLCI
SURVIVANTE - Cela va faire 10 ans que le monde a découvert avec stupeur l'histoire de Natascha Kampusch, une jeune Autrichienne séquestrée pendant 8 ans par un homme dans un abri souterrain. A quelques jours de la date qui marquera les dix ans de son évasion, Metronews s'est demandé ce que devenait la jeune femme.

Dix ans que son calvaire a pris fin. Pour autant, toutes ces années après, la blessure semble toujours aussi vive. L’Autrichienne Natascha Kampusch, tristement célèbre pour avoir été séquestrée pendant huit ans par Wolfgang Priklopil, s’est confiée à plusieurs médias cette semaine, alors que le 23 août 2016 marquera les dix ans de son évasion. Elle ne s’en cache pas : la jeune femme, qui s’apprête à sortir un livre, estime n’avoir toujours pas retrouvé de "vie normale".

"Le cirque médiatique" qui a duré plusieurs années après son évasion, le 23 août 2006, "a limité pour beaucoup de choses" cette jeune femme âgée de 28 ans aujourd'hui, qui s'est sentie longtemps dans "une sorte de deuxième prison", explique-t-elle dans une interview au quotidien Kurier. Dans un long reportage sur sa vie en Autriche, diffusé lundi soir à la télévision publique ORF, la jeune femme dit ne s'être "sentie vraiment libre" qu'en de "rares moments" au cours de ces dix années.

A LIRE AUSSI >> 
Elisabeth Fritzl, Natascha Kampusch et Jaycee Lee Dugard : que deviennent ces ex-captives ?

"J'ai le droit de vivre"

En cause, "les préjugés" de l'opinion publique sur cette histoire qui a fasciné les médias internationaux et donné lieu à de nombreuses rumeurs sur ces années de captivité. Ainsi, les rumeurs sur un complice de Wolfgang Priklopil, son ravisseur alors âgé de 35 ans, ont longtemps alimenté les articles de presse. Même si plusieurs enquêtes ont écarté cette hypothèse.

"Maintenant commence la phase où j'essaie de prendre ma vie en mains (...), de dire 'j'ai le droit d'être, de vivre, de m'épanouir", confie-t-elle encore à ORF . Elle raconte aussi prendre des cours de chant et d'équitation. D'anciennes camarades d'école restées proches d'elle témoignent de sa "force" pour se reconstruire.

EN SAVOIR + >> Affaire Kampusch : pas de complice dans l'enlèvement

Toujours propriétaire de la maison de son bourreau

Pour autant, la jeune femme vivrait assez isolée, dans son grand appartement de Vienne. Comme elle le souhaitait, elle a repris ses études et est parvenue à décrocher son baccalauréat. Elle s'orienterait désormais vers des études de psychologie. Côté vie familiale, après des retrouvailles chaleureuses après sa libération, ses rapports avec ses parents se seraient dégradés. La jeune femme ne s'en est jamais vraiment cachée : avant son kidnapping, elle n'était pas très heureuse dans son foyer. Désormais, elle ne verrait ses parents qu'une fois par an.

Dans le cadre du reportage que la télévision autrichienne lui a consacré, Natascha Kampusch a accepté de se rendre avec les caméras dans la maison où elle a été détenue pendant toutes ces années, et qui lui appartient, depuis la mort de son ravisseur. Elle confie s’y rendre tous les deux mois environ "lorsqu'il y a quelque-chose à faire" pour l'entretien des lieux, "changer le compteur d'eau ou faire réparer le toit", par exemple.

"Il admirait Hitler"

Enlevée à l'âge de 10 ans alors qu'elle se rendait à l'école, Natasha Kampusch a passé la plupart de ses années de captivité dans un abri souterrain de 5m2, construit par Wolfgang Priklopil sous le garage de ce pavillon. Natascha Kampusch est restée enfermée pendant "3096 jours", comme le titrait son premier récit paru en 2010. Le 23 août 2006, elle avait réussi à s'enfuir, et Priklopil s'était suicidé le soir même.

"Il admirait Hitler et voulait que je ressemble à une victime des nazis", explique-t-elle sur ORF. Son ravisseur lui donnait peu de vêtements pour se couvrir, peu de nourriture, l'humiliait, la forçait à des travaux pénibles et lui avait rasé la tête, ajoute-t-elle.

Un livre publié en mars en Allemagne par un journaliste et ancien policier a révélé que son ravisseur avait tourné des vidéos où on voit l'enfant dans ces postures dégradantes. L'auteur affirme avoir eu l'autorisation de la jeune femme pour écrire ce livre, mais Natascha Kampusch a demandé son retrait en justice, sans l'obtenir. De son côté, elle affirme ne pas vouloir gagner d'argent avec ses propres livres, mais vouloir "raconter elle-même" son histoire.

Plus d'articles

Lire et commenter