Dix ans de guerre en Syrie : pourquoi retient-on la date du 15 mars comme point de départ ?

Dix ans de guerre en Syrie : pourquoi retient-on la date du 15 mars comme point de départ ?

CONFLIT - Ce lundi 15 mars 2021 marque le dixième anniversaire du début du soulèvement populaire en Syrie, lorsqu'une quinzaine d'adolescents ont été torturés après avoir peint des graffitis contre le régime de Bachar al-Assad. Dix ans plus tard, la guerre a causé la mort de plus de 388.000 personnes.

Le mouvement de protestation en Syrie célèbre ses dix ans. 388.000 morts plus tard, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, le conflit entre dans sa onzième année ce lundi. Le 15 mars 2011 marque en effet le début de la répression de manifestations prodémocratie, inspirées par les révolutions du Printemps arabe qui ont fait vaciller les pouvoirs des pays voisins.

À Deraa, dans le sud du pays, une quinzaine d’adolescents sont devenus le symbole du début de la guerre, après avoir peint des graffitis contre le régime de Bachar al-Assad. "Ton tour est arrivé docteur", écrivirent le 6 mars les auteurs, sur les murs de leur école, en référence au président syrien, ophtalmologiste de formation. Parmi eux, Mouawiya et Samer Sayassina, arrêtés par les forces de l'ordre deux jours plus tard. "On a pris une bombe de peinture et on a écrit 'Liberté. Oui à la chute du régime'", expliquait l'un d’eux sept ans plus tard. "Ils nous ont torturés pour savoir qui nous avait incité à écrire cela."

Des rassemblements simultanés organisés

L'arrestation des deux jeunes hommes suscite alors l'indignation dans le pays. De premières manifestations d’envergure ont lieu, la mobilisation se propage dans tout le pays avec des rassemblements simultanés. Un appel à manifester le 15 mars est lancé sur la page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011", pour refuser "l’injustice et la répression". Le mouvement éclate : les rassemblements sont réprimés par le régime.

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À Deraa, devenue ville symbolique du conflit, les premiers mois de révolte s'accompagnent d'arrestations massives qui n'épargnent pas les enfants. Trois jours après le début du conflit, le 18 mars, trois manifestants, qui réclamaient la libération des quinze adolescents, sont tués. "Je suis fier de ce que nous avons fait à l'époque", poursuivait Mouawiya Sayassina en 2018. "Mais je n'aurais jamais cru qu'on en arriverait là, que le régime nous détruirait de la sorte. On pensait qu'il allait tomber." "Au début, j'étais fier d'être la cause d'une révolution contre l'oppression", reconnaissait de son côté Samer. "Mais après toutes ces années de mort et d'exode, je me sens parfois coupable. Tous ces gens qui sont morts ou qui ont fui, toutes ces destructions, c'est à cause de nous."

Une décennie plus tard, l'anniversaire du début de la guerre a été marqué par une table ronde en ligne organisé depuis Genève sur le conflit. "Il y a dix ans, des manifestations pacifiques ont débuté dans toute la Syrie", a notamment indiqué ce lundi François Sénémaud, représentant personnel d'Emmanuel Macron pour la Syrie. "Depuis, d'innombrables violations et abus des droits de l'homme, dont le régime syrien est le principal responsable, ont causé d’énormes souffrances humaines. Ces crimes ne doivent pas rester impunis."

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