Djihad : ces mineurs français qui préoccupent les autorités

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INFO LCI - Selon nos informations, 21 mineurs français, tous âgés de moins de dix ans, sont rentrés d’Irak ou de Syrie avec au moins un de leur parent. La majeure partie d’entre eux ont été confiés aux services de l’Aide sociale à l’enfance. Concernant les mineurs qui se sont radicalisés dans l’Hexagone, 50 sont aujourd’hui mis en examen par la justice française, contre 32 en septembre dernier. 25 sont incarcérés.

Ils seront une des préoccupations majeures des autorités au cours des mois et années à venir : les mineurs français de retour d’Irak et de Syrie. Selon les services de renseignements, ils seraient actuellement 400 à vivre sur ces théâtres de guerre. Une grande partie ont suivi leurs parents, quelques-uns sont partis seuls. Un tiers seraient nés là-bas et ne connaissent que la guerre et la violence. 


Lors d’un déplacement en Irak, en début de semaine, François Hollande a évoqué leur retour sur notre sol de ces jeunes : "Il y en a de tout jeunes. Certains ont été embrigadés, horriblement enrôlés, […] utilisés à Mossoul", dans la bataille contre les forces irakiennes. "S'ils devaient revenir en France, ils devraient être absolument traités, accompagnés, encadrés, déradicalisés", a prévenu le chef de l’Etat français.

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En septembre dernier, déjà, le procureur de la République de Paris, François Molins, avait mis en garde au sujet de certains primo-adolescents, très exposés à la violence, qui pourraient devenir de "véritables bombes à retardement" une fois rentrés en France. 

21 enfants sont rentrés avec un de leurs parents

Selon nos informations, à ce jour, 21 enfants sont rentrés en France, avec au moins un de leurs parents. Parmi eux, il y a plusieurs fratries. Tous sont très jeunes, entre quelques mois et dix ans. Quinze d’entre eux ont été confiés aux services de l’Aide sociale à l’enfance pour être placés en foyer ou en famille d’accueil. Les six autres font l’objet de mesures judiciaires d’investigations éducatives.


Tous vont faire l’objet d’un suivi particulier, notamment en raison de l’endoctrinement et/ou du traumatisme subi. 

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50 mineurs mis en examen pour terrorisme en France

Autre préoccupation majeure pour la justice. : les adolescents qui se radicalisent dans l’Hexagone, le plus souvent derrière leur téléphone ou leur ordinateur… A ce jour, selon nos informations, 50 mineurs, dont quatorze filles, sont mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. La moitié d’entre eux, soient  19 garçons et six filles sont aujourd’hui incarcérés. Le plus jeune a quatorze ans. Deux autres font l’objet d’un mandat d’arrêt. Les 23 restants font, eux, l’objet d’un contrôle judiciaire.


Sur ces 50 mineurs, si certains préparaient des attentats, une dizaine sont poursuivis pour leurs liens avec Rachid Kassim, ce djihadiste Français dont l’ombre plane au-dessus de plusieurs attentats commis en France.  Figure aussi parmi les mineurs écroués, un jeune Turc, le seul a être poursuivi tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, après avoir agressé un professeur d’une école juive en pleine rue à Marseille.

Des juges spécialisés

Conséquence de ces mises en examen, au tribunal de grande instance de Paris, on se prépare aussi à traiter de plus en plus de dossiers terroristes impliquant des mineurs. Deux procès de djihadistes sont déjà programmés au cours du premier trimestre 2017, contre trois pour toute l’année 2016 et un seul en 2015. Pour appréhender au mieux ces dossiers particulièrement complexes, sept juges pour enfants ont suivi des formations spécifiques au cours des derniers mois sur la législation antiterroriste et sur l’islamisme radical. 

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