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DÉRIVES SECTAIRES - Un rapport dévoilé lundi 17 novembre fait état d'une individualisation de l'"offre" des groupes islamistes radicaux, touchant d'abord les jeunes. A l'image du djihadiste français Maxime Hauchard identifié dans une vidéo de l'Etat islamique.

Un rapport du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), dont des extraits ont été publiés lundi, jette un regard nouveau sur la manière dont certains jeunes, en France, se radicalisent au point de vouloir faire le djihad. A l'instar de Maxime Hauchard, le djihadiste français qui a participé à l'exécution de Peter Kassig.

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Vidéos et groupes Facebook
Le passage par la mosquée ne serait "pas systématique", indique le rapport. Dans 91 % des cas étudiés, la radicalisation s'effectue via Internet : groupes Facebook invitant à "liker" les "combattants de l'islam", vidéos à la gloire des groupes djihadistes et contenant des images subliminales, jeux vidéo violents…

L'individualisme prime
"Ceux qui partent sont complètement atomisés, individualisés. Ils reconstituent sur Internet une communauté virtuelle", expliquait début novembre à metronews Olivier Roy, spécialiste de l'islam. Le rapport du CPDSI note une individualisation de l'"offre" des groupes terroristes visant à toucher différents profils : le mythe du "chevalier héroïque" et la référence aux jeux vidéo violents, surtout efficaces chez les jeunes hommes, la "cause humanitaire" séduisant les filles, ou encore le modèle du "porteur d'eau" pour ceux en quête de leaders.

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Une question de génération
La tranche d'âge la plus touchée par ce phénomène est celle des 15-21 ans, souligne le rapport. Leurs origines sociales sont plutôt variées : les classes moyennes d'abord (à 67 %), puis les CSP+ (17 %) et les classes populaires (16 %). Plus étonnant, 80 % sont issus de famille se disant athées. Parmi les jeunes auxquels s'est intéressé le CPDSI, seuls 5 % ont commis des actes de petite délinquance, quand 40 % sont passés par la case dépression. L'étude est, cela dit, à prendre avec précautions puisqu'elle ne se base que sur les témoignages des 160 familles à avoir fait la démarche d'appeler le centre pour enrayer la radicalisation de leur enfant.

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