Donald Trump à l'offensive sur le sujet de l'avortement

Donald Trump à l'offensive sur le sujet de l'avortement
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ETATS UNIS - Donald Trump a critiqué cette semaine les interruptions tardives de grossesse. Objectif : rallier des soutiens au-delà de sa base la plus conservatrice avant les élections de 2020.

La trêve aura été de courte durée. Si son discours sur l'état de l'union a été placé sous le signe du compris, Donald Trump a néanmoins esquissé une bataille qu'il devrait prochainement livrer : celle sur l'avortement. Le président des Etats-Unis envisage de s'en prendre aux interruptions tardives de grossesse.


Dans son discours mardi soir, le président a attaqué sans nuance une loi récemment adoptée par l'Etat de New York, aux mains des démocrates. Elle "permettra d'arracher un bébé aux entrailles de sa mère juste avant sa naissance", a-t-il assuré, avant d'ajouter : "pour défendre la dignité de chaque personne, je demande au Congrès de voter une loi interdisant les avortements au dernier trimestre". 

Revirement de jurisprudence ?

Pourquoi ces déclarations maintenant ? En effet, ce texte souhaité par le président républicain n'a aucune chance d'aboutir compte-tenu de la majorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela n'a pas empêché le milliardaire d'enfoncer le clou jeudi lors d'une rencontre avec des religieux. Parlant d'enfants "nés ou pas nés" créés "à l'image de Dieu", il a fait applaudir les parents d'un très grand prématuré. 


Il faut dire que Donald Trump a flairé le bon coup politique à un an et demi des élections présidentielles. Certes, la Cour suprême des Etats-Unis a légalisé l'avortement en 1973 et une majorité d'Américains (57%) sont favorables à ce que les femmes puissent y avoir recours, selon un sondage du Pew Research Center. Mais le sujet divise fortement en fonction des affiliations politiques - 59% des républicains considèrent que l'avortement devrait être illégal dans la plupart ou dans tous les cas, alors que 76% des démocrates pensent l'inverse - et religieuses (61% des évangéliques souhaiteraient qu'il soit illégal). 


Autre sondage que l'hôte de la Maison Blanche a sans doute remarqué : Selon l'institut Gallup, 60% des Américains jugent que l'avortement doit être légal au premier trimestre de grossesse, mais la proportion tombe à 28% au second trimestre et à 13% au troisième.


Pendant la campagne, Donald Trump avait gagné le soutien des évangélistes conservateurs en leur promettant de nommer à la Cour suprême des juges opposés à l'avortement. Depuis son élection, il y a fait entrer deux magistrats, ce qui fait craindre aux militants "pro-choice" un revirement de jurisprudence si l'occasion se présentait.

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