À la frontière mexicaine, Donald Trump sort de sa retraite médiatique et s’en prend à l’immigration

Dans son 1er discours télévisé, Trump attend 2024 "avec impatience"

OFFENSIVE - Après plusieurs mois de quasi-silence, l’ex-président américain a accusé Joe Biden de laisser entrer des "millions" de sans-papiers dans le pays, lors d'une visite mercredi au pied du mur à la frontière avec le Mexique.

Une frontière "très dangereuse", "un pays malade" : Donald Trump n'a rien perdu de sa rhétorique anxiogène en cinq mois de "retraite" passés dans ses luxueuses résidences de Floride et du New Jersey. Retrouvant les accents alarmistes du discours anti-immigration qui l'avait porté à la Maison Blanche, le républicain a écorné ce mercredi 30 juin la politique migratoire de son successeur Joe Biden, tout en laissant planer l'éventualité d'une nouvelle candidature présidentielle en 2024. 

C'est devant un tronçon inachevé de haute barrière métallique, érigé à Pharr, au Texas, près d'un poste-frontière, que l'ex-président a conclu sa première grande visite sur le terrain depuis qu'il a quitté la Maison Blanche. Aux côtés du gouverneur du Texas Greg Abbott, d'élus et de shérifs texans portant leurs chapeaux de cowboys, il était venu "admirer" le mur frontalier érigé dans cette vallée du Rio Grande sous sa présidence.

"Finir de construire le mur"

"Des millions de gens arrivent à entrer", a-t-il lancé, sans expliquer ce chiffre bien plus élevé que les bilans officiels mensuels. Il a exhorté le président démocrate Joe Biden à "finir de construire le mur", en désignant le tronçon qui s'arrêtait brusquement derrière lui.

"Nous avons désormais une frontière ouverte, très dangereuse, plus dangereuse que jamais auparavant dans l'histoire de notre pays", avait déclaré plus tôt le magnat de l'immobilier lors d'une réunion dans la petite ville de Weslaco, à une trentaine de kilomètres de ce tronçon de barrière. 

Le mur à la frontière mexicaine, un symbole fort du mandat de Donald Trump

"Construisez le mur !" Ce cri avait rythmé ses meetings de campagne avant son élection en 2016. Ce sujet "m'avait aidé à remporter" le scrutin, a-t-il reconnu mercredi. Pendant ses quatre ans à la présidence, environ 800 kilomètres ont été terminés selon lui, même si la plupart de ces portions étant des améliorations de clôtures déjà existantes.

Pour les républicains, c'est une évidence : le programme du milliardaire fonctionnait, mais l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche sur la promesse d'une politique migratoire "plus humaine" a créé un appel d'air "désastreux". Le printemps été marqué par des records d'arrestations à la frontière sud des États-Unis, longue de 3.200 kilomètres. En mai, quelque 180.000 personnes avaient été interpellées après l'avoir traversée clandestinement, un record depuis 15 ans.

Les démocrates de leur côté invoquent de nombreux facteurs qui ont pu jouer en faveur de cette hausse, tout en rappelant la politique très controversée de Donald Trump. Sous sa présidence, près de 4.000 enfants migrants avaient en effet été séparés de leurs familles. Plus de 2.000 d'entre eux n'avaient toujours pas retrouvé leurs proches début juin.

Déjà dans la course pour la présidentielle 2024

L’ex-président est pourtant bien décidé à continuer à peser sur la politique américaine avant les élections parlementaires et locales de mi-mandat de novembre 2022. Banni des réseaux sociaux depuis l'assaut meurtrier du Capitole par ses partisans, le 6 janvier, Donald Trump n'en reste pas moins très influent dans son parti.

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Au Texas, il a répété ses allégations infondées sur l'élection présidentielle qui aurait été volée selon lui, des accusations pourtant rejetées par des dizaines de tribunaux : "Biden détruit notre pays et tout a commencé avec une fausse élection"

Des allégations répétées samedi 26 juin dernier, lors d’un grand meeting dans l'Ohio. Devant des milliers de partisans, Donald Trump a également évoqué, indirectement, une nouvelle candidature présidentielle en 2024. 

Ce samedi 3 juillet, le républicain prendra à nouveau la parole à Sarasota cette fois, en Floride, confirmant ainsi l’accélération de son calendrier politique après des mois de “retraite”

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