Donald Trump annule des frappes contre l’Iran à la dernière minute : ce que l’on sait

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Guerre des nerfs entre l'Iran et les Etats-Unis

HAUTE TENSION - Dans la nuit de jeudi à ce vendredi, Donald Trump a approuvé une opération militaire devant cibler des installations iraniennes, avant de se raviser et d'annuler les frappes au dernier moment. Que s’est-il passé ?

La tension entre l’Iran et les États-Unis a bien failli atteindre un point de non-retour ce vendredi au petit matin. Un ensemble d’attaques ciblées américaines devait en effet avoir lieu au petit matin, les avions de chasse avaient décollé et les navires de guerre s'étaient mis en position... avant que l’administration Trump ne fasse machine arrière au tout dernier moment, selon des informations du New York Times, confirmées par Donald Trump lui-même dans l'après-midi. Tentons de le dissiper.

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Qu’est-ce qui a motivé ces frappes ?

Il s’agit de la destruction d’un drone américain par les forces iraniennes jeudi. "C'est une attaque injustifiée d'un engin de surveillance américain dans l'espace aérien international", a dénoncé Bill Urban, porte-parole de l'US Navy, quand l’Iran affirme, de son côté, que l’appareil "a violé [son] espace aérien" et que des preuves "irréfutables" existent pour le démontrer. Les attaques avaient vocation à répondre à ce que Donald Trump a qualifié de "très grosse erreur".

Comment ces frappes ont-elles été décidées ?

Selon le New York Times, qui donne de nombreux détails en citant des sources ayant directement pris part aux discussions, l’idée de ces frappes a fait son chemin à la Maison blanche au fil de la journée de jeudi, tandis que les deux camps s’accusaient mutuellement par presse interposée. Les conseillers de Donald Trump ont ainsi longtemps débattu de la pertinence d’une telle réplique. Le secrétaire d’État Mike Pompeo, le conseiller à la sécurité nationale John R. Bolton et la directrice de la CIA Gina Haspel se sont tous prononcés en faveur de l’attaque, quand plusieurs représentants de haut rang du Pentagone ont, eux, insisté sur le risque d’escalade dans la région que ces frappes pourraient causer... L’indécision a régné jusqu’au début de soirée, avant que le Président finisse par approuver la décision d’attaquer. 

Les conséquences seraient tristes aussi pour ceux qui feraient une telle tentative.- Vladimir Poutine jeudi

Quelles étaient les cibles de ses frappes ?

Il s’agissait de cibles militaires spécifiques, telles que des radars ou des batteries de missiles. Le choix de frapper au petit matin avait, du reste, vocation à minimiser autant que possibles les pertes humaines iraniennes, qu’elles aient été civiles ou militaires. Selon Donald Trump lui-même, "3 sites étaient visés".

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Pourquoi les avoir annulées au tout dernier moment ?

L’ordre d’annulation a été transmis "10 minutes avant l'horaire prévu", a rapporté le président américain. Une certitude : aucun missile n’a été tiré. Plusieurs hypothèses circulent. Donald Trump a pu changer d’avis.  Il a en effet indiqué, pour justifier l'annulation, que ces frappes contre l'Iran auraient fait 150  morts. À moins que son administration se soit ravisée, pour des motifs logistiques ou stratégiques. En tout cas, selon ABC News, Mike Pompeo et John R. Bolton ont, eux, voulu cette attaque jusqu’au bout, et la décision d’annuler a été prise contre leur avis...  

Trump avait-il averti l'Iran de l'imminence de frappes ?

Les autorités américaines avaient elles prévenu l'Iran qu'elles allaient lancer une attaque ciblée ? C'est ce qu'affirment deux médias étrangers selon lesquels le président américain aurait averti  par l'entremise du sultanat d'Oman qu'il s'apprêtait à lancer une attaque  contre l'Iran, sauf si la République islamique acceptait de négocier. Mais cette information est démentie par Téhéran. "L'Amérique n'a envoyé aucun message par l'intermédiaire d'Oman pour  l'Iran", a déclaré Keyvan Khosravi, porte-parole du Conseil suprême de la  sécurité nationale, cité par la télévision d'Etat, "il n'y a rien de vrai  là-dedans".

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Et maintenant ?

Après avoir confirmé qu'il avait annulé des frappes à la dernière minute, Donald Trump a déclaré que désormais il n'était "pas pressé" d'apporter une réponse militaire à l'Iran. Les autres puissances appellent en effet le chef de l'Etat américain à la retenue. Qu'il s'agisse de l'Europe ou de la Russie.  Vladimir Poutine, allié de l’Iran, a déclaré : "Les Etats-Unis disent qu'ils n'excluent pas un recours à la force. Ce serait une catastrophe pour la région. Cela provoquerait une flambée des violences et la hausse du nombre des réfugiés." Puis le dirigeant du Kremlin de préciser, au passage : "Les conséquences seraient tristes aussi pour ceux qui feraient une telle tentative."

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