Donald Trump est "un raciste, un escroc, un tricheur", lâche son ex-avocat Michael Cohen devant le Congrès

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CHARGE - Donald Trump "est un raciste, un escroc, un tricheur", a asséné l'ancien avocat personnel du président américain, Michael Cohen, en ouverture de son témoignage explosif, ce mercredi, devant le Congrès américain.

C’est souvent lorsque l’on n’a plus rien à perdre que les langues se délient. Michael Cohen a été condamné, en décembre, à trois ans de prison pour fraude fiscale, parjure et infraction au code électoral. L’ancien avocat de Donald Trump, embauché en 2007 pour gérer ses affaires immobilières, sera incarcéré le 6 mai prochain. Il a donc décidé, pour alléger sa peine, de collaborer avec les autorités. Cela passe par trois auditions cette semaine devant le Congrès américain. La seconde, qui a eu lieu ce mercredi, était la plus attendue, car il s’agissait d’être interrogé par la commission de contrôle de la Chambre des représentants, récemment repassée sous le giron démocrate, donc désormais opposée à Donald Trump.

Donald Trump m’a affirmé que les personnes noires ne voteraient jamais pour lui, parce qu’elles sont trop stupides.Michael Cohen

En direct à la télévision, l’homme d’affaires de 52 ans, qui confessait il y a encore deux ans être prêt à "prendre une balle" pour son patron de l’époque, a attaqué très fort dans sa déclaration préliminaire. Selon lui, Donald Trump "est un raciste, un escroc, un tricheur". Il a ensuite contextualisé son propos : "Quand j’ai rencontré M. Trump pour la première fois, c’était un entrepreneur à succès, un géant de l’immobilier et une icône. Être dans son entourage était une expérience enivrante. (…) Vous aviez le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que vous-même – vous aviez l’impression que vous pouviez changer le monde d’une certaine manière."

Il affirme avoir pourtant rapidement déchanté, au moment où a débuté la dernière campagne électorale. "Un jour, alors que nous traversions une banlieue pauvre de Chicago, il m’a dit que seules les personnes noires pouvaient vivre dans ces conditions. Il m’a aussi affirmé que les personnes noires ne voteraient jamais pour lui, parce qu’elles sont trop stupides", a-t-il par exemple raconté, pour justifier son emploi du terme "raciste". Kanye West appréciera l’anecdote.

Concernant celui d’"escroc", il a révélé, document écrit de la main même du président des États-Unis à l’appui, que Donald Trump a eu recours à un homme de paille pour que celui-ci fasse grimper le prix d’un tableau le représentant afin qu’il soit le plus cher de la vente aux enchères ayant eu lieu ce jour-là. Avant de le rembourser, à hauteur de 60.000 dollars, avec de l’argent issu de sa fondation caritative. Un tableau qui se trouverait aujourd’hui dans l’un des country clubs du chef de l'État.

"Quelqu’un comme lui"

"M. Trump gonflait ses actifs quand ça l’arrangeait, par exemple pour être listé parmi les hommes les plus riches du pays par (le magazine) Forbes, et les dévaluait lorsqu’il s’agissait de réduire ses impôts fonciers. En 2008, après avoir reçu un reversement de 10 millions de dollars de la part des impôts, il m’a dit qu’il ne pouvait croire à quel point le gouvernement était stupide de rendre autant d’argent à ‘quelqu’un comme lui’", a encore confié Michael Cohen. 

Enfin, pour ce qui est du terme "tricheur", venant du verbe anglais "to cheat", qui peut aussi se traduire par "tromper", au sens conjugal, l’ex-avocat a assuré que le Président lui avait demandé, durant la campagne, de verser 280.000 dollars à deux femmes, la star du X Stormy Daniels et la playmate Karen McDougal, pour acheter leur silence sur leurs liaisons supposées avec le magnat de l’immobilier, présentant une copie d’un des chèques signé par Donald Trump. Un peu plus tôt, le parlementaire républicain Matt Gaetz avait adressé à Cohen ce message sur Twitter : "Votre femme et votre beau-père sont-ils au courant pour vos maîtresses ? Ce soir serait peut-être le bon moment pour cette conversation..."

En revanche, aucune révélation n’est venue confirmer concrètement une éventuelle collusion avec la Russie durant la campagne. "On m'a demandé si j'avais connaissance de preuves directes démontrant que M. Trump, ou son équipe de campagne, avait comploté avec la Russie. Je n'en ai pas. Je veux être clair. Mais j'ai des soupçons", a-t-il lâché, avant de tout de même évoquer un rendez-vous entre le fils de Donald Trump et une avocate proche du Kremlin. Puis de déclarer : "Lors de conversations que nous avons eues durant la campagne, alors même que je négociais en Russie pour lui (pour un projet de Trump Tower à Moscou, ndlr), il (Donald Trump) me regardait dans les yeux et me disait qu'il n'y avait aucun projet en Russie, puis il sortait et mentait aux Américains en répétant la même chose."

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