Donald Trump et la Russie, une (vieille) histoire d’amour

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La présidence Donald Trump

ETATS-UNIS - A quelques semaines de poser ses bagages à la Maison-Blanche, Donald Trump affiche de plus en plus sa volonté de rapprocher Washington et Moscou. Une volonté qui ne date pas d'hier...

"Entrez, c'est formidable de pouvoir enfin vous parler en personne." Dans un émission diffusée le week-end dernier aux Etats-Unis, l'acteur Alec Baldwin s'est une nouvelle fois déguisé en Donald Trump, moquant l'enthousiasme du président américain élu face à un Vladimir Poutine entrant chez lui pour Noël, torse nu. Excessif, ce sketch met cependant en lumière une réalité : celle d'un Donald Trump qui rêve de se rapprocher de la Russie. Et ce, depuis plusieurs décennies.

Donald Trump  explique lui-même l'origine de cette fascination dans un livre publié en 2004. Celle-ci serait née lors d'un déjeuner en 1986 avec l'ambassadeur soviétique aux Etats-Unis, qui s'est transformé en opportunité d'investissement. "Il se trouve que la fille de Doubinine avait lu des articles sur la Trump Tower", se rappelle-t-il. "Une chose en entraînant une autre, je me retrouve parlant de construire un grand hôtel de luxe face au Kremlin". L'année suivante, le milliardaire fait du repérage de sites potentiels. En vain. Les années 1980 ne seront guère plus productives, l'homme d'affaires étant embourbé dans les faillites de ses casinos d'Atlantic City.

Vladimir Poutine ? "Que vous l'appréciez ou non, il fait un super boulot"

Nouvelle occasion, en 1997. Il se rapproche cette année-là de l'étoile montante de la politique russe, le général Alexandre Lebed. Les deux hommes discutent à la Trump Tower. Selon le magazine New Yorker, le Russe applaudit le projet d'hôtel moscovite, vu comme un symbole de l'afflux de capitaux américains en Russie. Si le voyage de Donald Trump à Moscou cette année-là est de nouveau infructueux, il en revient encore plus séduit par le pays et ses dirigeants. "Je ne comprends pas pourquoi les décideurs américains sont toujours si réticents à travailler avec la Russie sur des sujets affectant directement notre propre survie", écrit-il en 2000, alors qu'il envisage déjà une candidature présidentielle.

Nouveau projet d'implantation à Moscou en 2005, pour ériger une Trump Tower avec le promoteur new-yorkais Bayrock Group, dirigé par deux immigrants de l'ère soviétique. Il essuie un nouvel échec. En revanche, les partenaires bâtissent une tour d'appartements luxueux à Manhattan, et d'autres projets immobiliers estampillés Trump en Floride. Leur principale source de financement est russe, notamment par une société d'investissements enregistrée en Islande, identifiée comme "pro"-Poutine dans des procès.

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Quand il soupèse l'éventualité d'une candidature à la Maison-Blanche en 2007, Donald Trump flatte encore la Russie. Vladimir Poutine ? "Que vous l'appréciez ou non, il fait un super boulot pour redorer l'image de la Russie et aussi pour rebâtir la Russie, point final". "J'aime vraiment Vladimir Poutine. Je le respecte. Il fait bien son travail. Bien mieux que notre Bush", dit-il à des journalistes russes qu'il reçoit en 2008. 

Quelques années plus tard, en 2013, son concours de beauté Miss Univers se déroule dans la capitale russe. Le milliardaire y voit l'occasion de côtoyer le maître du Kremlin. "Pensez-vous que (Vladimir) Poutine va venir au concours Miss Univers en novembre à Moscou - si c'est le cas, est-ce qu'il deviendra mon nouveau meilleur ami ?", avait-il tweeté. Espoirs déçus : le président russe avait finalement envoyé un proche, avec un cadeau pour l'Américain. Nul doute que Donald Trump s'en souviendra l'an prochain quand, dans ses habits de président des Etats-Unis, il rencontrera enfin "son idole". 

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