Trump instrumentalise la mort de sa fille assassinée en Australie, elle lui répond sur Facebook

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Le "Muslim Ban" de Donald Trump

MISE AU POINT - Rosie Ayliffe, maman d'une touriste britannique tuée en Australie en août 2016, s'insurge contre la liste des 78 attentats publiée par l'administration Trump. Dans cette liste, la mort de sa fille est mentionnée comme telle, alors qu'en ne résulte pas d'une attaque terroriste.

C'est une mère en deuil et en colère. Rosie Ayliffe a publié une lettre à l'adresse du gouverment Trump, cette semaine, pour s'insurger contre l'amalgame fait par la Maison Blanche au sujet de la mort de sa fille de 20 ans, Mia Ayliffe-Chung, tuée en Australie en août 2016 en compagnie d'un autre Britannique, répondant à l'identité de Tom Jackson. 

Un Français, Smail Ayad, a été inculpé pour ce double meurtre commis dans une auberge pour routards de Home Hill, dans le nord de l'Etat du Queensland. La police australienne avait rapporté que le Français avait crié "Allah Akbar" au moment des faits et lors de son arrestation mais indiqué plus tard qu'il ne présentait aucun signe de radicalisation. Il était apparu plus tard que ce jeune trentenaire aurait pu agir par jalousie, alors qu'il était confirmé qu'il était absolument inconnu des services de renseignement. Et pas en suivant des motivations terroristes.

La mort de ma fille ne sera pas utilisée pour promouvoir cette folle persécution d'innocents.- Rosie Ayliffe

Ce lundi, pourtant, dans l'énième acte de sa guéguerre contre les médias qu'il qualifie de "malhonnêtes", Donald Trump les a accusés de ne "pas vouloir couvrir" certaines attaques djihadistes sans étayer ses dires ("ils ont leurs raisons"). La Maison Blanche a dans la foulée publié une liste de 78 "attentats" qui étaient, selon elle, "exécutés ou inspirés par le groupe" Etat islamique.

Or, dans la liste des attentats terroristes publiés par la Maison-Blanche, ce double meurtre est mentionné. Ce qui a ulcéré Rosie Ayliffe. Dans une lettre ouverte à Trump publiée sur Facebook, elle s'insurge contre le lien qui est fait entre ce crime et le terrorisme islamiste. "La possibilité que Mia et Tom soient morts dans un attentat islamiste a été écartée dès les premiers moments de l'enquête", rappelle-t-elle en préambule.

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"N'importe quel fou peut crier Allah Akbar en commettant un crime", écrit Rosie Ayliffe, qui dit avoir beaucoup voyagé dans le monde musulman où elle n'a "rencontré que des témoignages de respect et d'hospitalité". "La diabolisation d'Etats nations et de leurs populations rappelle de façon terrifiante les horreurs qui peuvent survenir quand nous laissons des ignorants nous mener vers les ténèbres et la haine", poursuit-elle. "La mort de ma fille ne sera pas utilisée pour promouvoir cette folle persécution d'innocents."

"Les circonstances de la mort de Mia et Tom prouvent l'intérêt de chérir les personnes qui parcourent le monde pour en apprendre sur les autres cultures", poursuit-elle, avant de s'en prendre au "Muslim Ban", ce décret présidentiel voulant interdire (il a été bloqué depuis) de territoire américain les ressortissants de sept pays musulmans : "Menacer les migrants et les traiter comme des matières jetables c'est mépriser leur sécurité [...]. Ma fille n'a pas été seulement victime de l'attaque d'un loup solitaire avec des prédispositions possibles pour la schizophrénie mais aussi de ce mépris", poursuit Rosie Ayliffe, qui conclut : "Cela rappelle de façon terrifiante les horreurs qui peuvent se produire quand nous autorisons des gens ignorants à nous mener vers l'obscurité et la haine".

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