Donald Trump positif au Covid-19 : s'il n'était plus en mesure de gouverner, que se passerait-il ?

Donald Trump positif au Covid-19 : s'il n'était plus en mesure de gouverner, que se passerait-il ?
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REMOUS - A peine remis d'un débat télévisé musclé face à Joe Biden, le président Donald Trump a annoncé être positif au coronavirus avec sa femme Melania sur Twitter ce vendredi 2 octobre. D'où une question : que se passerait-il s'il était dans l'incapacité d'exercer son pouvoir ?

Alors que le deuxième débat des élections américaines doit avoir lieu le 15 octobre, Donald Trump, qui vient d'annoncer être testé positif au Covid à l'âge de 74 ans, sera-t-il encore en mesure d'affronter son rival et surtout de gouverner ? C'est la question qui se pose ce vendredi 2 octobre pour l'actuel président des Etats-Unis, en quarantaine à la Maison Blanche.

Si son docteur Sean Conley a assuré dans un communiqué que "le président et la Première dame vont tous les deux bien", son état de santé n'en reste pas moins surveillé de près. Le président américain étant considéré comme une personne "à risque" comme le précise le New York Times : il a "un cholestérol élevé" et pèse 110 kg, "ce qui est considéré comme obèse pour sa taille". Et si, invalide, il n'était plus en mesure d'honorer sa fonction ? 

Selon le 25e amendement, filet de secours en cas de défaillance physique ou mentale du président, ce serait son vice-président, Mike Pence, testé négatif au Covid, qui assurerait l'intérim, seulement le temps de la maladie, les pouvoirs présidentiels devenant transférables à la vice-présidence en attendant un rétablissement. Pour ce faire, si cela se produit, le président doit rédiger une lettre au président du Sénat ainsi qu'au speaker de la Chambre des représentants, pour les informer. Et la même procédure écrite au Congrès après sa guérison pour faire valoir qu’il ne souffre d’aucune incapacité et reprendre ses fonctions. 

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Pas une première fois que le vice-président assure l'intérim

Si Donald Trump devait un temps céder ses fonctions, ce ne serait pas la première fois qu'une telle situation se passe, fut-elle inédite en pleine campagne pour les élections américaines : le rôle de la vice-présidence derrière le Bureau ovale en cas de défection du président des Etats-Unis est clairement inscrit dans la constitution amendée en 1965 puis rattachée à la Constitution en 1967 suite à l'assassinat de JFK en 1963. 

Par la suite, le président Richard Nixon, dans son deuxième mandat du 1969 à 1974, a invoqué la section 1 du 25e amendement en démissionnant après le scandale du Watergate, demandant à la nation de soutenir son vice-président, Gerald Ford - ce dernier ayant été nommé un an plus tôt vice-président des États-Unis par Richard Nixon, suite de la démission de Spiro Agnew, dans les dispositions prévues par ce vingt-cinquième amendement. 

Les présidents Ronald Reagan (1981-1989) et George W. Bush (2001-2009) ont, eux, invoqué la section 3 pour transférer leurs pouvoirs au vice-président en plein exercice du pouvoir, jusqu’à ce qu’ils décident de les reprendre. Le premier lorsqu'il est visé par une tentative d'assassinat en 1981 ; le second lorsqu'il a subi une coloscopie en 2007 sous anesthésie générale. 

Et si c'est le vice-président qui a un problème ? Le ou la présidente peut alors nommer quelqu'un d'autre approuvé par les deux chambres du Congrès.

A ne pas confondre avec le "impeachment"

Dans sa section 4, cet amendement prévoit même la possibilité que le président en exercice soit écarté de ses responsabilités malgré lui, s’il est avéré qu’il se trouve "dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et les responsabilités de sa fonction". 

Il ne faut néanmoins pas le confondre avec la procédure de destitution, le fameux "impeachment" brandi afin d'écarter Donald Trump en 2019, impliquant que le président soit condamné "pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs" par le Sénat.

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Donald Trump positif au Covid-19, la campagne bouleversée

Et quid de la campagne ? Pour l'heure, les deux autres débats présidentiels sont prévus les 15 et 22 octobre, respectivement à Miami, en Floride, et à Nashville, dans le Tennessee. Le vice-président républicain Mike Pence affrontera de son côté la colistière de Joe Biden, la sénatrice Kamala Harris, le 7 octobre à Salt Lake City, dans l'Utah.

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