Donald Trump vers la démission ? "C'est un homme qui laisse souvent tomber à la moindre difficulté"

Donald Trump vers la démission ? "C'est un homme qui laisse souvent tomber à la moindre difficulté"

ANALYSE - Acculé de toute part, le président des États-Unis tente coûte que coûte de gouverner malgré un bilan législatif dérisoire. Mais ses méthodes en rupture totale avec la tradition semblent déjà atteindre leurs limites. Décryptage.

Englué dans des polémiques à répétition, incapable de passer la moindre législation, bas dans les sondages, attaqué par son propre camp, Donald Trump semble dos au mur seulement huit mois après le début de sa présidence. Va-t-il changer d’attitude ou sa manière de gouverner ? Arrive-t-on à la fin d’un cycle dans la présidence du milliardaire ? 

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"Soit il se transforme, soit on se dirige vers une paralysie"

Contacté par LCI, Corentin Sellin, professeur agrégé d’histoire et spécialiste de politique américaine, nous livre son sentiment quant à la situation dans laquelle se trouve le 45ème président des États-Unis. "La Maison Blanche est au bord de la rupture, on arrive au bout de quelque chose", affirme-t-il. "Depuis son investiture, Donald Trump continue à être candidat mais les méthodes qu’il utilisait pendant la campagne commencent à se retourner contre lui", nous confie-t-il. "Soit il se transforme, ce qui paraît peu probable, soit on se dirige vers une paralysie de la Maison Blanche", s’inquiète Corentin Sellin.

Une paralysie de la Maison Blanche n’est pas totalement impossible. Même si, cet été, Donald Trump a fait le ménage dans son staff en virant ou en demandant le départ de la majorité des collaborateurs qui l’ont amené au pouvoir, l’arrivée du strict général John Kelly comme chef de cabinet n’a guère amélioré la situation. "On arrive aux limites de toute une méthode, de toute une posture, couronnée de succès par la conquête du pouvoir", affirme Corentin Sellin.

Une communication qui a ses limites

Son utilisation de Twitter est, notamment, de plus en plus pointée du doigt par les citoyens américains. En juillet, un sondage du Washington Post et d’ABC News montrait que plus de 67% des Américains désapprouvaient son usage du réseau social. 

"Pendant la campagne, il s’en servait pour parler directement au peuple en s’affranchissant des médias traditionnels", affirme Corentin Sellin. Mais sa pratique actuelle a conduit la Corée du Nord à considérer que le président américain leur avait déclaré la guerre. Les diplomates chinois appellent depuis plusieurs mois Donald Trump à ne pas faire de la diplomatie sur Twitter au risque d’aggraver la situation. "Sa méthode de communication n’est plus appropriée pour diriger un pays de 323 millions d’habitants", s'étonne le spécialiste en politique américaine.

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TWEETS : TRUMP SE DECHAINE COMME JAMAIS

Le problème de sa communication, c’est qu’elle crée souvent la polémique et les exemples sont nombreux. Les controverses autour des manifestations de néo-nazis à Charlottesville, autour de l’hymne américain et des protestations des joueurs de NFL contre les violences policières, autour de ses attaques contre le sénateur et vétéran John McCain, autour du Muslim Ban ont été causées par des tweets ou lors d’une déclaration à la presse. "Plus il y a de polémiques, plus les Américains se rendent compte que son bilan législatif est nul", analyse Corentin Sellin.

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"Je ne pense pas qu’il y aura de procédure d’impeachment contre Donald Trump malgré ses attaques répétées contre son propre camp", confie Corentin Sellin. Habitué et expert du personnage, le spécialiste a une autre théorie sur l’avenir du président américain. "C’est un homme qui laisse souvent tomber à la moindre difficulté. Je pense que s’il doit partir, il partira de son propre fait", estime-t-il.

Vu son impossibilité à réformer, notamment dans le dossier de l’Obamacare, les sondages au plus bas, le président Donald Trump pourrait chercher une porte de sortie dans les prochains mois et ce, avant la fin de son mandat en 2020.

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