Douze enfants disparus dans une grotte en Thaïlande depuis six jours : "Il y a de l'espoir à 100%"

SECOURISME - Les centaines de sauveteurs mobilisés pour retrouver 12 enfants et leur entraîneur bloqués depuis six jours dans une grotte ont repris leur recherche vendredi, luttant contre une inondation liée aux pluies de mousson. Mais la situation n'est pas désespérée, comme l'explique à LCI le président de la commission secours de la Fédération française de spéléologie (FFS).

Une course contre la montre pour éviter le pire. Depuis six jours, douze enfants âgés de 11 à 16 ans et leur entraineur de football sont coincés dans la grotte de Tham Luang. Une cavité longue de plus de dix kilomètres, située dans la province thaïlandaise de Chiang Rai, où des centaines de secouristes s'affairent pour localiser le groupe. Deux avancées notables ont eu lieu ce vendredi : un des plongeurs a réussi à pénétrer plus avant dans le réseau souterrain. Et une équipe a réussi à progresser par un puits à la verticale de la grotte. Mais  l'inondation des lieux et la raréfaction des poches d'air compliquent la donne… Pourtant, l'espoir demeure. Bernard Tourte, spéléologue et président de la commission secours de la Fédération française de spéléologie (FFS) en est convaincu.

LCI : Les espoirs sont-ils toujours permis, six jours après le drame ?

Bernard Tourte  : Ils sont admis à plus de 100%. Pour la simple et bonne raison que dès qu'il y a de l'eau potable, il est possible de rentrer en "mode survie". Celui-ci peut durer très longtemps. Nous avons vu des personnes bloquées qui ont tenu un mois avec de l'eau. Autre espoir : nous sommes dans ce cas en Thaïlande, dans des cavités où la température est particulièrement confortable, entre 14 et 16 degrés. Reste néanmoins à savoir si certains enfants étaient fatigués ou souffrants au moment où ils sont rentrés dans la cavité, ce qui pourrait expliquer une dégradation plus rapide de leur état. C'est toute la problématique de cette opération de secours est-ce que tout le monde est égal en terme de conditions physiques ?

LCI : Quelles sont les principales inquiétudes des secouristes dans cette opération ?

Bernard Tourte  : La montée de l'eau, si celle-ci venait à toucher le plafond, et l'endroit où ils ont pu s'abriter. Dans la précipitation, ils se sont nécessairement repliés, ce que montrent leurs vêtements retrouvés à l'entrée des lieux. Ils ont dû réaliser que l'eau montait, et se sont alors déchaussés pour traverser une verse d'eau afin d'être mieux à l'abri. Le problème est de savoir s'ils ont fait le bon choix ou non. Il faut espérer que la cavité où ils se trouvent dispose d'une hauteur de plafond assez élevée. Celle-ci est leur véritable condition de survie.

LCI : La poche d'air dont ils bénéficient dépend elle de cette hauteur de plafond ?

Bernard Tourte  : Dans un milieu souterrain calcaire comme celui où ils se trouvent, il y a une couverture végétale associée à une eau très corrosive, le tout sur un massif calcaire où il y a une fracturation permanente … tout cela fait qu'on respire aussi bien sous terre qu'à la surface. Car dans un massif calcaire, il y a des circulations d'air. Quand on descend à -2000 mètres, beaucoup de gens se demandent si on peut respirer : la réponse est oui.

LCI : Les forages, entrepris ces dernières heures en Thaïlande, sont-ils une pratique courante dans un sauvetage ?

Bernard Tourte  : Non, ce sont des techniques d'ultimes recours. Elles sont très couteuses en moyens humains et logistiques, ainsi que financier. En l'occurrence, il ne s'agit pas d'accéder directement à la zone où se trouveraient les personnes recherchées. Il s'agit d'atteindre les zones noyées pour installer des tuyaux et multiplier les pompages. En raison de la mousson, toute la cavité est quasiment noyée de l'entrée jusqu'à 2,5 km.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Thaïlande : le sauvetage des enfants piégés dans une grotte

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter