Drame d'Alep : les bombardements reprennent, l'accord sur l'évacuation suspendu

International
ALEP - Alors qu'un accord avait été conclu mardi pour l'évacuation des civils et des troupes rebelles de la partie assiégée d'Alep sous la houlette de la Syrie et de la Turquie, ce dernier a été suspendu. Les bombardements du régime ont repris ce mercredi matin.

Il aura été de courte durée. L'accord conclu mardi 13 décembre pour évacuer les civils et les troupes rebelles de la partie assiégée de la ville d'Alep a volé en éclat ce mercredi matin. Les bombardements du régime et des frappes aériennes ont repris après une pause de plusieurs heures. Six civils ont d'ores-et-déjà été tués par des tirs rebelles selon la télévision d'Etat.


L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), par l'intermédiaire de son directeur Rami Abdel Rahmane, rapporte qu'il y a eu "au moins 14 obus tirés par les troupes du régime sur le carré tenu par les rebelles et ce, pour la première fois depuis mardi soir". "Des tirs ont été entendus sur les lignes de démarcation entre les zones contrôlées par le régime et celles des rebelles", a-t-il précisé.


 D'après les rebelles, le régime et ses alliés notamment iraniens ont "imposé de nouvelles conditions" à l'accord, tandis que la source proche du pouvoir a souligné que Damas avait exprimé son désaccord sur le nombre élevé de personnes devant être évacuées.

L'Iran accusé de blocage

 Ce mercredi, l'Iran est accusé par les insurgés de bloquer la mise en oeuvre des évacuations de civils et de combattants insurgés dans la ville. Les Iraniens auraient posé une nouvelle condition à l'accord prévoyant ces départs. Selon les rebelles, la république islamique exigeait que l'évacuation d'Alep soit menée simultanément à l'évacuation des blessés vivant dans les villages chiites syriens de Foua et de Kefraya, assiégés par les rebelles. Une information que confirme l'ONU.

Les civils : une priorité mardi soir

Alors que l'inquiétude grimpait sur des exactions à Alep, un semblant d'apaisement était pourtant survenu mardi soir. Un accord avait en effet été conclu pour l'évacuation "dans les prochaines heures" des civils et des rebelles de la ville syrienne d'Alep, avait alors affirmé un responsable d'un influent groupe rebelle, Noureddine al-Zinki. "Il y a eu un accord sur l'évacuation des habitants et des rebelles avec leurs armes légères, des quartiers assiégés d'Alep", avait indiqué Yasser al-Youssef, précisant que l'accord " a été conclu "sous la houlette de la Russie et de la Turquie", soutiens respectifs du régime et de la rébellion.


"L'évacuation des blessés et des civils se fera en premier. Par la suite, les rebelles sortiront avec leurs armes légères", a précisé le responsable rebelle. D'après l'accord, "ceux qui partent choisiront d'aller soit dans l'ouest de la province d'Alep ou vers la province (voisine) d'Idleb (nord-ouest)", a-t-il encore ajouté.


L'accord avait été confirmé par l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine au cours d'une réunion du de sécurité de l'ONU. Les combats avaient alors cessé. Son homologue américaine à l'ONU Samantha Power avait réclamé des "observateurs internationaux impartiaux" pour superviser l'évacuation des civils qui "ont peur d'être abattus dans la rue ou emmenés vers un des goulags d'Assad".

"La pire tragédie humanitaire du XXIe siècle"

Mardi, la France avait demandé une "réunion immédiate" du Conseil sur la situation à Alep, selon l'ambassadeur français François Delattre. Il avait qualifié ce qui se passe dans la ville syrienne de "pire tragédie humanitaire du XXIe siècle". "Nous devons tout faire pour mettre fin à l'effusion de sang, pour évacuer la population en toute sécurité et aider ceux qui en ont besoin", avait-il ajouté.

Des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité si ces exactions sont prouvéesJean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères

Interrogé sur les objectifs de cette réunion, François Delattre avait souligné que la Russie "avait les moyens de faire pression sur le régime syrien pour mettre fin à ce massacre" à Alep-Est. "Nous demandons à la Russie de faire quelque chose à propos de ce désastre à Alep", a-t-il déclaré. Il a fait état "d'informations crédibles" portant sur des "meurtres brutaux de familles" entières, des exécutions sommaires et des attaques ciblant des hôpitaux.

Quel rôle pour l'ONU ?

Selon l'ambassadeur, cette crise met à mal la crédibilité des Nations unies et risque d'encourager "les terroristes". "Le pire est peut-être encore à venir", sous la forme "d'autres massacres de sang-froid", a-t-il conclu.


A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a dénoncé "des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité si ces exactions sont prouvées". Le ministre a demandé une réunion du Conseil de sécurité et estimé que l'ONU doit mener une enquête "le plus vite possible".

Lire aussi

En vidéo

Syrie : l'évacuation d'Alep pourrait être retardée de 24 heures

En vidéo

JT 13H - Alep : des exécutions menées par le régime syrien ?

En vidéo

Pourquoi Alep est une ville stratégique dans la guerre de Syrie

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le drame d'Alep

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter