Drapeau caricaturant Daech avec des sextoys : l'auteur s’explique

Drapeau caricaturant Daech avec des sextoys : l'auteur s’explique
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SATIRE - Paul Coombs assure ce mercredi, dans les colonnes du Guardian, être le créateur du drapeau caricatural de Daech aperçu à la Gay Pride de Londres samedi dernier. Un drapeau à l'origine d'une bourde de CNN qui l'avait pris... pour l'original.

Le drapeau, flottant au-dessus de la foule pendant la Gay Pride londonienne samedi dernier, n’était pas passé inaperçu. Loin de là. La chaîne américaine d’information en continu CNN y avait même consacré un direct pour informer ses téléspectateurs de la présence d’un drapeau de Daech. Las, le dit drapeau n’était qu’une satire de l’original du groupe terroriste de l’Etat islamique, plus enclin à jeter les homosexuels du haut d’immeubles que de les célébrer. CNN a discrètement enterré le sujet et effacé les vidéos , sans formuler d’excuses.

EN SAVOIR + >> Quand CNN confond un drapeau de sextoys avec... une banderole de Daech

Une satire qu’explique, pour la première, Paul Coombs , qui se présente comme le créateur de ce drapeau dans une tribune du Guardian ."“J’ai souvent utilisé le motif du sextoy dans mes précédents projets avant de créer ce drapeau et de l’emmener avec moi à la Gay Pride de Londres [...] Une seule raison m’a poussé à faire cette bannière : pour dénoncer la cruauté de Daech qui progresse à travers l’Afrique du Nord, la Libye, la Syrie et l’Irak. Son drapeau est devenu un symbole de brutalité, de peur et de répression à cause de sa sexualité. Si je voulais essayer de créer un débat à propos du ridicule de leur idéologie, le drapeau était un moyen de le faire", assure-t-il tout en se défendant de viser l’islam en règle générale.

Le créateur descend CNN

Son drapeau fabriqué, il confie avoir eu une petite appréhension avant de descendre dans la rue. La peur que son drapeau soit mal compris, au lendemain des attaques en Tunisie , au Koweït et à Lyon . Une appréhension vite dissipée : "Mon drapeau satirique fut bien accueilli par la foule. La défiance est la meilleure forme d’hommage".

Dans le cortège, tout se passe bien. Mais ça ne durera pas. "Au bout de 2 kilomètres, alors que je me débattais avec mon drapeau agité par un fort vent, trois ou quatre policiers sont venus m’encercler. Ils ont inspecté le drapeau et ont constaté qu’il s’agissait bien de sextoys en tout genre. Ils m’ont alors expliqué qu’ils avaient entendu qu’un homme se promenait avec un drapeau de Daesh et m’ont demandé de cacher le mien pour des raisons de sécurité, ce que j’ai fait [...] En rentrant chez moi, je suis tombé sur les reportages de CNN qui parlait de mon drapeau ; la correspondante qualifiait même mon drapeau de 'mauvaise caricature'", explique-t-il. Et de railler CNN et sa déontologie : "CNN est une entreprise de presse réputée ; j’espère qu’ils sont plus à cheval sur la précision dans leurs autres reportages", grince-t-il.

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