Droits des animaux, démilitarisation et développement durable : pourquoi le Costa Rica dénote en Amérique centrale

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ATYPIQUE - Le Costa Rica est-il une oasis progressiste au milieu de l’Amérique centrale ? Ce petit pays sans armée, doté d’un ambitieux programme écolo, s’est récemment illustré en matière de lutte contre la maltraitance animale, en laissant un chien assister au procès de son bourreau.

A part un léger jappement, tout s’est déroulé dans le calme. Le 22 juillet dernier, dans le tribunal d’Atenas, non loin de San José, la capitale du Costa Rica, un chiot de deux ans est devenu le premier animal d’Amérique latine ayant subi des maltraitances à assister en tant que victime au procès de son bourreau. L’anecdote illustre la volonté de la justice costaricienne de punir lourdement les mauvais traitements envers les animaux, punissant les coupables de peines allant jusqu’à 3 ans de prison.

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Sur les droits des animaux comme sur d’autres enjeux, le Costa Rica entretient depuis plusieurs années une image de pays progressiste. La première république d’Amérique Centrale, coincée entre le Nicaragua et le Panama, s’est en effet fait connaître autant pour ses paysages de carte postale que pour ses mesures ambitieuses dans les secteurs de l’environnement, de la santé ou de l’éducation.

Une démocratie sans armée

En 1948, après une guerre civile sanglante, le Costa Rica décide de supprimer son armée et rejoint alors la liste des 23 pays démilitarisés. Certes, le Costa Rica est le premier pays à se démilitariser, cependant, il est finalement rejoint par son voisin, le Panama à partir de 1990. Sur l'ensemble des pays sans armée à travers le monde, le Costa Rica est le plus peuplé avec près de 5 millions d’habitants. En cas de menace pour sa sécurité, il peut bénéficier du soutien militaire des États-Unis et du Brésil dans le cadre de l’Organisation des États Américains (OEA).

Sur le plan de la sécurité intérieure, le Costa Rica observe une légère recrudescence de la petite criminalité sur les dernières années, selon France Diplomatie, mais affiche le taux d’homicides volontaires le plus faible d’Amérique centrale, selon une étude de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC). 

Le pays a ainsi réaffecté son budget militaire aux universités et aux principaux hôpitaux du pays, rappelle la Fondation Arias. Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, l’espérance de vie des costariciens a augmenté, passant de 60,56 ans en 1960 à 79,83 ans en 2016, tandis que le taux de mortalité a baissé (10 décès pour 1000 personnes en 1960 contre 5 décès en 2017) selon Perspective monde, la base de données de l’université de Sherbrooke, au Québec. Le pays de la Pura Vida a donc l’espérance de vie la plus élevée d’Amérique Centrale et la troisième d’Amérique derrière le Canada et le Chili. Enfin, le pays enregistre un taux d’alphabétisation de 96%, ce qui représente le plus haut taux d’alphabétisation d’Amérique Centrale.

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Ambition sur la transition énergétique, mais dépendance aux pesticides

Souvent désigné comme le bon élève du développement durable, le Costa Rica a été érigé en modèle lors de la COP21 pour l'exploitation intelligente de ses ressources naturelles. Le pays a notamment inauguré une nouvelle centrale hydraulique en septembre 2016, et sa production électrique est, depuis, quasi intégralement assurée par cette énergie.

Le gouvernement costaricien envisage même de mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles d’ici 2050 dans des secteurs comme l’industrie, les transports ou l’agriculture, même si aucun plan budgétaire n’a encore été proposé pour y parvenir.

Alors que le pays recèle plus de 5% de la biodiversité mondiale (dont 18% des espèces de papillons mondiales et 50 espèces de colibris différentes), il est parfois épinglé pour les dégâts écologiques causés par son système agricole. Le Costa Rica est en effet un leader mondial dans l’exportation d’ananas, de banane ou de café, mais ces activités ne sont pas sans dégâts pour l’environnement.

Ces dégâts sont détaillés dans un article de l’économiste Marilza de Melo Foucher, qui évoque une "utilisation excessive de pesticides non réglementés provoqu[ant] des dégâts environnementaux et humains". Ces pesticides, parfois interdits par l’Union Européenne ou étiquetés "hautement dangereux" par l’OMS selon Oxfam, ont entraîné une pollution des nappes phréatiques et mis en danger des travailleurs agricoles.

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