Ebola : de Monrovia à Londres, l'inquiétude grandit

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EPIDEMIE – Les mesures de sécurité pour prévenir une propagation de l'épidémie du virus Ebola qui a fait plus de 800 morts en Afrique de l'ouest se renforcent. A Monrovia, la capitale du Libéria, des manifestants réclament que les autorités ramassent les corps parfois laissés dans la rue.

Frayeur dans un aéroport londonien. Le décès brutal, samedi, d'une passagère en provenance d'Afrique de l'Ouest, qui venait de se poser à l'aéroport de Gatwick, a alimenté les craintes d'une importation de l'épidémie de virus Ebola en Grande-Bretagne sur fond de contagion en Afrique. Si le test effectué sur cette femme de 72 ans s'est révélé négatif, l’information de ce décès suspect a néanmoins alimenté l'inquiétude grandissante autour de l'évolution de ce virus particulièrement dangereux.

Aux Etats-Unis, où s'est ouvert lundi un sommet extraordinaire avec une quarantaine de responsables africains, les mesures de sécurité sanitaires ont ainsi été renforcées. Bien que l'ordre du jour de l’événement n'ait pas été modifié, l'épidémie d'Ebola qui sévit en Afrique de l'ouest, la pire depuis la découverte de ce virus, devrait s'inviter dans les discussions.

Un nouveau médecin infecté

D'autant que les Etats-Unis sont directement touchés par le virus avec le rapatriement ce week-end à Atlanta d'un médecin infecté, le Dr Kent Brantly, qui travaillait au Libéria pour l'organisation caritative Samaritan's Purse. L'une de ses assistantes, l'américaine Nancy Writebol, également infectée, doit quant à elle être rapatriée dans les prochains jours. En première ligne, les professionnels de santé qui interviennent auprès des malades en Afrique sont particulièrement exposés. Un médecin de Lagos, qui avait soigné un Libérien mort le mois dernier au Nigeria, est également tombé malade, a rapporté lundi le ministre nigérian de la Santé. Il s'agit, à ce jour, du deuxième cas recensé à Lagos, la plus grande ville d'Afrique de l'ouest.

Dans cette région, l’épidémie a fait 887 morts (confirmés, suspects ou probables) sur 1603 cas recensés, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié lundi. Parmi la population des pays concernés – la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia - l'angoisse gagne. Ainsi au Liberia, des habitants de la capitale Monrovia ont manifesté ce lundi pour protester contre la présence de nombreux corps dans les rues de la ville. Selon les témoignages des habitants, les services sanitaires ont demandé aux personnes qui les contactaient suite au décès suspect d'un proche de ne pas toucher au corps. Mais personne n'est jusqu'alors venu chercher les dépouilles des défunts : "Cela fait cinq jours maintenant que son corps est chez nous", témoigne une manifestante.

En Sierra Leone, le président Ernest Bai Koroma a décidé de prendre des mesures draconiennes assorties d'un discours alarmant. "L'essence même de notre nation est en jeu", a-t-il déclaré lundi à l'occasion d'une journée chômée afin de combattre la maladie. A Freetown, la capitale, les rues étaient désertes dans la journée. Les commerces, les bars ou encore les restaurants étaient fermés, ainsi que les marchés. Les écoles rouvriront quant à elle seulement à la rentrée. Seuls les véhicules du ministère de la Santé sillonnaient la ville, lundi, rapporte l'AFP, avec les policiers qui renvoyaient les rares passants croisés dehors.

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