Ebola : la suspension des vols inquiète les ONG

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EPIDEMIE - Air France a annoncé mercredi suspendre provisoirement ses vols vers la capitale du Sierra Leone, Freetown, en raison de l'épidémie de fièvre Ebola qui sévit dans le pays. Une décision qui va impacter les ONG pour acheminer du personnel et du matériel sur place.

L'Organisation mondiale pour la santé l'assure : le risque de contamination à l'épidémie d'Ebola à bord d'un avion est faible. Une menace qu'Air France a considéré malgré tout suffisante pour suspendre "temporairement" à partir de jeudi sa desserte de Freetown, la capitale de la Sierra Leone.

Une décision impulsée par le gouvernement qui, "compte-tenu de l'évolution de l'épidémie et de la situation des systèmes de santé (…)", s'était prononcé en ce sens mercredi matin. Même refrain du côté des syndicats qui exhortaient depuis plusieurs jours les navigants de la compagnie – l'une des dernières à assurer cette desserte - à refuser les vols vers Conakry en Guinée, Freetown, et Lagos au Nigeria, les trois pays les plus touchés par ce fléau qui a déjà fait au moins 1.427 morts. Des destinations que British Airways a également décidé de ne plus desservir jusqu'à la fin de l'année, au grand dam des organisations humanitaires.

"Tout est réuni pour que cela s'emballe"

Cette semaine le coordinateur de l'ONU contre l'épidémie qui sévit en Afrique de l'Ouest, le Dr David Nabarro, avait déjà déploré cette suspension qui rendait "beaucoup plus difficile", voire "pas possible" pour l'ONU d'"acheminer du personnel et du matériel" afin de remplir sa mission. Et pour cause : pour des raisons financières, la plupart des ONG ont recours à des vols réguliers pour agir sur le terrain. Air France, par exemple, assurait encore trois rotations par semaine en Sierra Leone, malgré des pétitions réclamant "l'arrêt immédiat" de ces dessertes où le refus de certains personnels "d'effectuer leur mission".

Les humanitaires, comme l'OMS, soulignent que les vols internationaux ne peuvent guère être un vecteur de propagation. Car le virus Ebola - qui se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées - ne se transmet qu’au contact direct avec les liquides biologiques (sang, sueur, salive...) des personnes infectées. De plus, celles-ci ne sont pas contagieuses tant que les symptômes ne sont pas apparus. Et quand c'est le cas, l'état du malade l'empêche tout simplement de voyager.

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