Ebola : le Canada envoie un vaccin expérimental en Afrique

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SANTE - Alors que le sérum expérimental américain ZMapp fait naître l'espoir de soigner l'épidémie de fièvre Ebola, l'OMS a approuvé mardi l'emploi de tels traitements non homologués. Dans la foulée, le Canada a annoncé l'envoi en Afrique d'un autre traitement expérimental.

Enfin, des Africains vont pouvoir profiter des traitements expérimentaux développés dans les laboratoires occidentaux. Alors que le bilan de l'épidémie de virus Ebola a franchi sur le continent le seuil des 1000 morts, seuls des Américains et un Espagnol ( décédé mercredi à l'âge de 75 ans ) avaient jusqu'à présent pu bénéficier d'un sérum expérimental, le "ZMapp". Face à la gravité de la situation, l'Organisation mondiale de la Santé a donné mardi son feu vert à l'emploi de traitements non homologués. Tentant, donc, le tout pour le tout face au fléau, en utilisant  des médicaments dont l'efficacité est incertaine et les effets secondaires mal connus.

Dans la foulée mardi soir, le Canada a annoncé qu'il allait faire don pour l'Afrique d'une petite quantité d'un vaccin expérimental qu'il a développé dans ses laboratoires publics, rapporte la presse canadienne. Avant même l'annonce de la décision de l'OMS, les Etats-Unis avaient déjà promis l'envoi au Liberia, l'un des pays les plus touchés par l'épidémie, du ZMapp pour traiter les médecins libériens actuellement infectés.

EN SAVOIR + > Que sait-on du sérum "miracle" ZMapp ?

Deux Américains sauvés

Le sérum ZMapp, mis au point par un laboratoire privé aux Etats-Unis mais jusqu'alors jamais été testé sur l'homme, suscite un fort espoir depuis la possible guérison de deux soignants américains contaminés , Kent Brantly et Nancy Writebol. Cette dernière "voit son état physique s'améliorer, ses yeux s'illuminent, elle sourit et plaisante même un petit peu", a témoigné son fils, Jeremy Writebol, interrogé sur la chaîne américaine NBC, précisant que les médecins traitants pensent qu'elle devrait se remettre complètement. Mais la mort du religieux espagnol prouve que le traitement n'est pas miraculeux. En outre, les doses disponibles sont très peu nombreuses et il est long à produire.

Ce qui soulève un problème pour les Africains : Ebola est "typiquement une maladie de pauvres dans des pays pauvres dans lesquels il n'y a pas de marché" pour les firmes pharmaceutiques, a expliqué mardi Marie Paule Kienny, assistante du Directeur général de l'OMS. "Sans les investissements des gouvernements", ces traitements expérimentaux n'existeraient pas. Mais les étapes finales relèvent de l'industrie pharmaceutique, et il faudrait désormais des investissements beaucoup plus importants, a-t-elle ajouté. A la communauté internationale d'agir.

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