Échec de l’abrogation de l’Obamacare : qui Donald Trump va-t-il blâmer cette fois-ci ?

C’EST PAS MOI – Passé maître dans l’art de rejeter la responsabilité d’un raté sur autrui, Donald Trump devrait à nouveau user de cette stratégie pour justifier l’échec de l’abrogation de l’Obamacare.

"Sans responsabilités, on se sent le corps léger." Si ce proverbe chinois s’appliquait à Donald Trump, nul doute que celui-ci ressentirait une formidable légèreté. Passé maître, au fil des années, dans l’art de rejeter la responsabilité d’un raté sur autrui, le 45e président américain devrait à nouveau user de cette stratégie pour justifier son dernier échec, vendredi, concernant l’abrogation de l’Obamacare.


Mais qui, cette fois, subira les foudres du milliardaire, dont chaque défaite est, à l’en croire, du fait de quelqu’un d’autre que lui ? Qui aura à supporter les conséquences de la débâcle ? Même si le locataire de la Maison-Blanche pourrait, pour l’heure, décider de ne rien décider, différentes cibles sont dans son viseur, comme l’expliquent ce samedi nos confrères de CNN. 

Des têtes bientôt coupées ?

Première de ces victimes potentielles, bien qu’il l’ait publiquement soutenu vendredi soir : Paul Ryan, l’actuel président républicain de la Chambre des représentants, qui s’était vu confier la rédaction de la loi (une façon pour Trump, selon beaucoup, de ne pas avoir à endosser la responsabilité d’un échec). Plusieurs médias conservateurs ont d’ailleurs commencé à accabler le "speaker" pour la défaillance de sa tactique comme pour le contenu de son texte. De là à ce que le chef de l’Etat décide de le tuer politiquement prochainement ? Vraisemblablement pas. Donald Trump aura en effet besoin de Paul Ryan pour engager sa réforme fiscale, deuxième grand chantier législatif de l'année. 


S’en prendra-t-il, dans ce cas, à la trentaine d’élus républicains réfractaires qui avaient prévenu ne pas vouloir voter la nouvelle loi ? Rien n’est moins sûr là non plus, le risque étant grand de faire éclater son camp.  L'heure des règlements de compte pourrait venir plus tard, passé le choc de l’échec. Toujours selon CNN, qui cite une source proche de la présidence, Donald Trump serait par ailleurs furieux contre son éminence grise de gendre, Jared Kushner, qui prenait du bon temps dans la très chic station de ski d'Aspen (Colorado) avec sa femme Ivanka plutôt que de s'affairer à Washington. En attendant, le Commander in chief devrait donc continuer, comme il l’a fait dès vendredi soir, à critiquer ses adversaires démocrates. La seule façon pour lui de ne pas avoir à assumer ses propres responsabilités.  

Justifications à tort et à travers

Il lui faudra pourtant bien expliquer rapidement les raisons de cette déconvenue. Sous peine de se voir lâcher encore un peu plus par ses propres électeurs, qui voyaient en lui un négociateur hors pair à la réussite insolente et qui, pour certains, commencent à déchanter. Il faut dire qu’après ses nombreuses prises de bec diplomatiques ou ses revers concernant son décret anti-immigration, les échecs se multiplient. Des échecs, souligne CNN, qu’il a jusqu’alors toujours justifiés. 


Après avoir perdu le vote populaire, il avait ainsi critiqué les fraudes électorales. Quand la presse a évoqué le faible monde présent pour sa cérémonie d’investiture, il a ensuite blâmé les "fake news" des médias. L’occasion pour son porte-parole Sean Spicer de théoriser le concept des "faits alternatifs". Même chose encore lorsque l'enquête sur ses possibles liens avec Russie l’a mise dans l’embarras. Donald Trump a alors critiqué les fuites dans les agences de renseignement, les démocrates et même Barack Obama, qu’il a accusé de l’avoir mis sur écoute. La liste n’est pas exhaustive. 

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