Ecosse : David Cameron, grand perdant du référendum quelle qu'en soit l'issue

Ecosse : David Cameron, grand perdant du référendum quelle qu'en soit l'issue

INDÉPENDANCE - En se prononcant en faveur de l'organisation d'un référendum d'indépendance en Ecosse, David Cameron a pris le risque de provoquer l'éclatement du Royaume-Uni. Un scrutin dont qui pourrait bien lui coûter sa place. Explications.

"Je vous en supplie, ne brisez pas cette famille. Restez s’il vous plaît". Devant quelque 800 personnes réunies lundi soir à Aberdeen, port pétrolier du nord-est de l’Ecosse, David Cameron s’est livré à un ultime plaidoyer pour défendre l’unité du Royaume-Uni. A trois jours du référendum sur l’indépendance, le Premier ministre a en effet joué son va-tout, alternant les promesses et les compliments, sans oublier quelques menaces. Mais peu importe le résultat du vote : celui-ci aura tout l’air d’une douche écossaise pour le Premier ministre britannique.

David Cameron est en effet celui qui, le 15 octobre 2012, a signé avec Alex Salmond, le désormais célèbre leader des indépendantistes , l’accord d’Edimbourg. Celui-ci prévoyait l’organisation du référendum dont l’hôte du 10, Downing Street avait promis de respecter les conséquences. Il faut dire que, à l’époque, le premier ministre n’aurait jamais parié une livre sur la percée du "oui". Pour la plupart des commentateurs politiques londoniens, David Cameron a ainsi fait preuve d’une légèreté "irresponsable", et ne s’est engagé dans la bataille qu’à la dernière seconde.

Monnaie

Conséquence, il a multiplié les promesses difficiles à tenir : autonomie budgétaire et fiscale renforcée, contrôle du système de santé ou encore une plus grande part des dépenses publiques. Las, plutôt que de s’attirer les faveurs des Ecossais, David Cameron a provoqué une levée de boucliers dans les autres régions. De l’Irlande du Nord au Pays de Galles, chacun réclame sa part du gâteau...

En cas de victoire du oui, le chantier promet aussi d’être titanesque . Trois choix s'offriront à David Cameron, selon les analystes : anticiper les élections générales prévues en mai 2015, remettre sa démission, ou poser la question de confiance au Parlement. Le triomphe des indépendantistes ouvrirait 18 mois d'acrimonieuses négociations entre Londres et Edimbourg, en vue de préparer les contours du nouvel Etat, d'ici la proclamation de l'indépendance, le 24 mars 2016.

Même casse-tête pour les questions pratiques. Les séparatistes souhaitent en effet garder la livre pour monnaie et la reine pour souveraine, intégrer l'Union européenne et l'OTAN. Mais tous ces sujets, ainsi que le partage des recettes de l'or noir de la Mer du Nord et de la dette, sont ouverts à la discussion. Tout ceci devrait être rapidement abordé : David Cameron a prévu de tirer les leçons du scrutin dans une adresse télévisée, vendredi matin. Dès lundi soir à Aberdeen, le message était subliminal : "Si vous ne m'aimez pas, je ne serai pas là pour toujours".

Lire aussi >> PHOTOS - Référendum en Écosse : le "jour de vérité" pour la presse britannique

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