Effondrement d’un viaduc à Gênes : le point après l'hommage

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TRAGÉDIE - Après le deuil, de nombreuses questions se posent. Plus de 600 personnes ont dû être évacuées de leur logement. Comment seront-elles relogées ? Et quelles indemnisations pour les proches des victimes ? Surtout, où en est l'enquête pour déterminer les raisons qui ont conduit à ce drame ? LCI fait le point.

Cinq jours après l’effondrement d’un pont autoroutier à Gênes, dans le nord de l’Italie, l’émotion est encore vive. Samedi 18 août, l’Italie a enterré ses morts. Le pays a observé une journée de deuil national et rendu hommage aux victimes de ce drame lors de funérailles officielles auxquelles près de la moitié des familles n'a pas souhaité prendre part.  


Ce dimanche, les opérations de recherches pour retrouver des rescapés ont pris fin. Pour faire face à cette tragédie et la surmonter, dont le bilan s’élève à 43 morts et 9 neufs blessés, de nombreuses questions demeurent en suspend. LCI fait le point.

La colère des habitants de Gênes

Face à l’émotion et aussi pour exprimer leur colère, quelques habitants de Gênes ont appelé à une manifestation "pacifique" ce dimanche à 18 heures dans le centre-ville. "Plus de 1300 personnes ont déjà déclaré vouloir y participer. Un long rouleau de papier devrait être disposé pour que chacun puisse écrire un mot", rapportent nos confrères de France-Info

Le relogement des familles

Plus de 630 personnes ont dû être évacuées depuis l'effondrement du pont. Certains n’ont plus rien. La plupart ont trouvé un hébergement chez des proches. D'autres ont été relogés dans des hôtels ou chez des particuliers ayant mis à disposition des appartements vacants. Le petit quartier populaire de Sampierdarena, situé en contrebas du viaduc, disparaîtra, en partie. Il doit être rasé. Ce dimanche, des habitants du quartier, abattus, attendaient encore de pouvoir accéder à leur immeuble pour venir chercher quelques effets personnels. Lundi, certains devraient pouvoir entrer dans les premiers logements mis à la disposition par la Région et la municipalité de Gênes.

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Gênes : des centaines d'habitants délogés

L’indemnisation des victimes

Le gouvernement s'est engagé à les reloger avant la fin de l'année. Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a aussi annoncé le déblocage d'une première tranche de 5 millions d'euros d'aide d'urgence. Les dirigeants d'Autostrade per l'Italia, la société chargée de la gestion du pont Morandi, ont promis "un demi-milliard d'euros disponibles dès lundi" pour aider la ville et les victimes. Cette somme comprend "des dizaines de millions d'euros" pour reloger les habitants dont les immeubles sous le pont sont condamnés et pour les proches des 43 victimes de ce drame, a indiqué samedi le patron de la société autoroutière, Giovanni Castellucci, lors d'une conférence de presse.

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Gênes : Autostrade per l'Italia crée un fonds d'aide aux victimes et à la ville

La reconstruction du pont

Pour désengorger la ville en attendant, Autostrade aménagera aussi "en des temps records" une alternative pour les poids-lourds. Et les autoroutes de la zone de Gênes ne seront plus payantes à partir de lundi. "Nous avons un projet qui nous permet, en huit mois, entre démolition et reconstruction, d'avoir un nouveau pont en acier", a déclaré Giovanni Castellucci, patron de la société qui a été mise en cause par le gouvernement, précisant que le délai de huit mois s'entendait à partir du feu vert des autorités au projet.

Après le drame, les polémiques

Le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio a d'ores et déjà indiqué que le gouvernement n'accepterait pas l' "aumone" ainsi offerte par la société autoroutière. "Il faut retirer les concessions et faire payer des amendes. Si un privé n'est pas en mesure de gérer les autoroutes, l'État le fera", a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a confirmé que le gouvernement entendait révoquer la concession de la société Autostrade. Vendredi, le ministère des Infrastructures a officiellement adressé un courrier à Autostrade en vue de révoquer la concession de la société sur le tronçon du pont, donnant 15 jours à la société pour répondre. 

Une enquête ouverte en France

"C'était un pont très particulier, mais il était considéré comme sûr par tous ceux qui l'ont examiné", a commenté samedi  le patron de la société autoroutière, Giovanni Castellucci. Quelque chose s'est passé et c'est à la justice de dire quoi." Ce dernier n'a pas émis d'hypothèse sur les causes de l'effondrement, expliquant que la société n'avait pas eu accès au site et que la pluie qui tombait dru au moment du drame masquait les images de la caméra de surveillance.


Le gouvernement italien a ouvert jeudi dans la soirée une enquête sur Autostrade per l'Italia, la société chargée de la gestion du pont Morandi. Dans un communiqué que relaie Reuters, le ministère des Transports donne quinze jours à la filiale du groupe Atlantia pour démontrer qu'elle a respecté ses obligations contractuelles. Les familles des quatre ressortissants français qui figurent parmi les victimes pourront être tenues au courant des avancées, le parquet de Paris ayant ouvert une enquête pour "homicides involontaires".

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