Effondrement du Rana Plaza au Bangladesh : un an après, l'industrie textile peine à évoluer

Effondrement du Rana Plaza au Bangladesh : un an après, l'industrie textile peine à évoluer

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TEXTILE - Il y a un an jour pour jour, jeudi, un immeuble abritant des ateliers de textile s'effondrait au Bangladesh, causant la mort de plus de 1.000 personnes. Eclaboussées par cette affaire, plusieurs marques de textile avaient assuré qu'elles prendraient des mesures pour que les conditions de travail de leurs employés soient améliorées. Après l'effet d'annonce, que reste-t-il ? Metronews fait le point.

La catastrophe avait jeté une lumière crue sur le sort des petites mains du textile low cost. Le 24 avril 2013, l'immeuble du Rana Plaza, dans la banlieue de Dacca au Bangladesh s'effondre, causant la mort d'au moins 1.138 ouvriers et en blessant 2.000 autres. Vétuste, ce bâtiment de neuf étages abritait les ateliers de confection de grandes marques de prêt-à-porter, européennes ou américaines - Primark, Camaïeu, Zara -. Acculées, ces dernières ont, à l'époque des faits, assuré qu'elles allaient prendre des mesures pour améliorer la sécurité de leurs employés afin que ce genre de tragédie ne se reproduise plus.

Un an après, les mesures efficaces peinent à poindre. La mesure la plus probante, comme le souligne auprès de metronews Marion Cadier, chargée du programme mondialisation et droits humains à la FIDH, demeure à ce jour la signature, le 13 mai 2013, du Fire and Building Safety Agreement, un accord sur la sécurité incendie et celle des bâtiments. Ratifié par 150 multinationales - dont Carrefour et Auchan - ainsi que des syndicats nationaux et internationaux, cet "accord sans précédent et juridiquement contraignant prévoit notamment l'inspection d'usines". Une bonne chose en soi sauf que les résultats, estime Marion Cadier, sont "un peu lents". Dans les faits, "deux cents usines ont été fermées après la catastrophe, nous explique de son côté Vanessa Gautier, chargée de mission à l'ONG Peuples Solidaires / Ethique sur l'étiquette, mais cela représente une goutte d'eau".

Fonds d'indemnisation volontaire

A la suite de cette tragédie, un fonds d'indemnisation volontaire a été mis en place. Les survivants et familles des victimes peuvent demander des compensations pour couvrir les frais médicaux et les pertes de revenus liés au drame. Il faudrait environ 40 millions de dollars (soit près de 30 millions d'euros) pour indemniser de manière correcte les victimes. Mais pour le moment, seule la moitié des 28 marques identifiées comme liées au Rana Plaza y ont contribué. Les entreprises les plus impliquées semblent manquer de générosité. Si Primark a contribué au fonds à hauteur de huit millions de dollars, Camaïeu, qui a reconnu avoir eu recours à une sous-traitance au Rana Plaza, s'est pour sa part abstenu de communiquer le montant de son don.

Au niveau national, par ailleurs, le Bangladesh a augmenté les salaires minimums des ouvriers du textile. "Ils sont passés de 28 à 50 euros par mois, explique Vanessa Gautier, mais demeurent très bas, un salaire vital étant estimé à 250 euros dans le pays". De même, une réforme du droit du travail a été mise en place, mais elle reste bien en deçà des standards internationaux. Des évolutions lentes sans doute dues au fait que les syndicats peinent à exister au Bangladesh. Pourtant, déplore Marion Cadier, si ces fédérations avaient été plus fortes, le drame du Rana Plaza aurait peut-être pu être évité.

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