Egypte : justice expéditive pour les pro-Morsi avant la présidentielle

Egypte : justice expéditive pour les pro-Morsi avant la présidentielle

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EGYPTE – Au terme du second procès expéditif en l'espace d'un mois, 700 partisans présumés du président islamiste destitué Mohamed Morsi ont été condamnés à mort lundi. Une parodie de procès menée à un mois de l'élection présidentielle.

En Egypte, la machine judiciaire continue d'écraser l'opposition islamiste avant l'élection présidentielle . Lundi, un tribunal égyptien a condamné à mort 700 personnes, partisanes présumées du président destitué en juillet dernier, Mohamed Morsi. Parmi elles, le chef des Frères musulmans, Mohamed Badie, accusé d'"incitation à la violence". La plupart des condamnés sont quant à eux jugés pour avoir participé à des manifestations en soutien à Mohamed Morsi, lui-même poursuivi devant trois cours différentes. Au cours des dix derniers mois, la quasi-totalité des leaders de la confrérie dont est issu l'ancien président a été arrêtée.

Cette vague de condamnations intervient un mois après un premier procès similaire, dénoncée par la communauté internationale, qui avait abouti au terme d'une seule journée d'audience à la condamnation à la peine capitale de 529 présumés pro-Morsi . Lundi, le juge unique du tribunal de Minya, Saïd Youssef Sabry, où a été prononcé le verdict, est revenu sur 492 de ces peines mais pour les commuer en prison à vie. En réaction, Washington a appelé les autorités du Caire à annuler ces deux séries de peines qualifiées de "défi aux règles les plus élémentaires de la justice internationale", selon le communiqué du porte-parole du président américain Barack Obama diffusé lundi.

Dans la rue, attentats et répression meurtrières

Manifestement arbitraires, ces décisions judiciaires ne suscitent toutefois pas de désapprobation particulière au sein de la population égyptienne. Cette dernière semble en effet soutenir la répression menée contre le mouvement islamiste des Frères musulmans par le régime militaire au pouvoir incarné par l'ex-chef de l'armée, Abdel Fattah al-Sissi, quasiment assuré d'être élu fin mai.

En dehors des tribunaux, les violences se poursuivent dans la rue. Des attentats réguliers, revendiqués généralement par des groupes jihadistes, visent la police égyptienne tandis que les forces de l'ordre répriment violemment les manifestations pro-Morsi. Vendredi, deux personnes ont ainsi péri dans des heurts entre policiers et islamistes au sud-ouest du Caire.

La répression ne touche cependant pas que le mouvement islamiste. Lundi, un tribunal du Caire, cette fois, a interdit le Mouvement du 6-Avril, groupe laïc de gauche à la tête de la contestation populaire qui avait renversé le régime d'Hosni Moubarak en 2011.

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