Egypte : l'état d'urgence pour 3 mois après les attentats revendiqués par Daech

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ATTENTAT - Au moins 44 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dimanche matin dans deux explosions à la bombe, visant deux églises coptes en Egypte. Le président égyptien al-Sissi a décrété l'état d'urgence pour 3 mois.

Deux attentats à la bombe ont visé dimanche matin des églises coptes en Egypte, faisant au moins 27 morts à Tanta, au nord du Caire, et 17 morts à Alexandrie, trois semaines avant la visite du pape en Egypte. Ces attentats, tous deux perpétrées par des kamikazes munis de ceintures explosives, ont été revendiqués en début d'après-midi par la branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique (EI).


La première explosion s'est déroulée peu avant 10 heures, en pleine célébration des Rameaux, dans l'église Mar Girgis de Tanta, une grande ville à 100 km du Caire, au premier jour de la Semaine sainte. Le bilan s'est rapidement aggravé, passant de 13 morts initialement à 27 morts et 78 blessés selon le ministère de la Santé. "L'explosion a eu lieu aux premiers rangs, près de l'autel, durant la messe", a précisé à l'AFP le général Tarek Atiya, adjoint du ministre de l'Intérieur en charge des médias.

Daech revendique les attaques, l'état d'urgence décrété

Quelques heures plus tard, une autre explosion a eu lieu à l'église Mar Morcos d'Alexandrie, faisant 17  morts, dont 4 policiers, et 48 blessés. Le pape copte Tawadros II assistait aux célébrations dans cette église. Il "se porte bien" et avait quitté l'église avant l'attentat, a indiqué à l'AFP son secrétaire particulier, le père Angelos. A Tanta, des images diffusées par la chaîne de télévision privée Extra news ont montré le sol et les murs blancs de l'église couverts de sang, ainsi que des bancs en bois déchiquetés.

En début d'après-midi, Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué les deux attentats, l'une des attaques les plus meurtrières visant cette minorité chrétienne dans l'histoire récente du pays. "Des équipes de l'Etat islamique ont mené les attaques contre deux églises, à Tanta et à Alexandrie", a indiqué Amaq, l'agence de propagande de l'EI, dans un communiqué partagé sur les réseaux sociaux.

Face à la menace, le président Abdel Fattah al-Sissi a décrété "l'état d'urgence pour trois mois", parmi "une série de procédures qui vont être prises". Celui-ci avait été annulé un mois avant l'arrivée au pouvoir de l'ex président islamiste Mohamed Morsi, en 2012. Avant cela, l'Egypte avait connu durant trente ans cet état d'urgence. Il élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d'arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement.


Selon la constitution égyptienne, le chef de l'Etat doit encore soumettre la question au Parlement sous une semaine pour obtenir son accord. Cela ne devrait être qu'une formalité, puisque l'hémicycle est dominé par les partisans du président Sissi.

19 jours avant la visite du pape François

Le Premier ministre égyptien, Chérif Ismaïl, a condamné la première explosion, qualifiée rapidement d'attentat. Il a souligné "la détermination de l'État à éradiquer de tels actes terroristes, et éliminer à la racine le terrorisme noir". Cet attentat intervient 19 jours avant une visite du pape François prévue les 28 et 29 avril en Egypte, alors que la branche locale du groupe djihadiste État islamique (EI) avait récemment appelé à viser des Chrétiens.


Le 11 décembre 2016, une attaque menée par un kamikaze, qui avait fait exploser une ceinture explosive, avait tué 29 personnes, également en pleine célébration, dans l'église copte Saint-Pierre et Saint-Paul, au Caire. L'organisation Etat islamique avait alors démontré sa détermination à continuer les attaques contre "tout infidèle ou apostat en Egypte et partout".

Ils rendent hommage aux victimes

"J'exprime mes profondes condoléances à mon cher frère, sa sainteté le pape Tawadros II, à l'Eglise copte et à toute la chère nation égyptienne. Je prie pour les défunts et les blessés", a déclaré le pape François. 


Le président François Hollande a réagi dans la matinée à la première explosion. "Je présente mes condoléances à leurs familles et souhaite un prompt rétablissement aux blessé. Une nouvelle fois, l'Egypte est frappée par les terroristes qui veulent détruire son unité et sa diversité. La France est pleinement solidaire de l’Egypte dans cette terrible épreuve et mobilise toutes ses forces en lien avec les autorités Egyptiennes pour la lutte contre le terrorisme", a-t-il déclaré dans un communiqué.

De son côté, Donald Trump a condamné l'attentat sur son compte Twitter, se disant "confiant dans la capacité du président (Abdel Fattah al-Sissi) à gérer la situation comme il se doit".

 Le chef de l'Etat égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a demandé dimanche à l'armée de déployer des forces pour aider la police à protéger les "infrastructures vitales" du pays. Son Premier ministre Chérif Ismaïl a souligné "la détermination de l'Etat à (...) éliminer à la racine le terrorisme".  Parallèlement, Al-Azhar, prestigieuse institution de l'islam sunnite basée 

au Caire, a condamné "un attentat terroriste lâche".

 Les coptes orthodoxes représentent environ 10% de la population en Egypte, pays de 90 millions d'habitants. Ils ont ces dernières années été la cible d'actes de violence, comme un attentat suicide commis dans la cathédrale copte du Caire en décembre qui a fait 25 morts et 49 blessés, un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique.

 

La branche égyptienne de l'EI a aussi poussé en février les coptes du Nord-Sinaï à fuir la péninsule après une série d'attaques les visant spécifiquement. En 2015, 21 ouvriers coptes égyptiens avaient par ailleurs été exécutés par l'EI en Libye.

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