PROCHE ORIENT - L'Egypte restait sans nouvelle jeudi de huit militaires portés disparus dans une attaque sans précédent contre un de ses navires en Méditerranée. Des nouveaux attentats ont également visé l'armée au Sinaï. Un revers de plus pour le pouvoir.

Un piège en eaux troubles. Un navire de la marine égyptienne a été attaqué dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant la disparition de huit militaires dans des conditions mystérieuses. Qualifiée de "terroriste" par les autorités, l’assaut a en réalité été lancé par des trafiquants de drogue. Un nouveau camouflet pour le pouvoir égyptien, dont la sécurité est mise à rude épreuve depuis la destitution de Mohamed Morsi en juillet 2013.

Plus de 24 heures après les faits, difficile d’établir le scénario qui s’est déroulé en pleine nuit. Et pour cause : l'armée a verrouillé toute communication et aucune information n'a filtré dans les médias. Un responsable militaire a néanmoins indiqué que les agresseurs avaient utilisé "des bateaux de pêche" et n'avaient vraisemblablement pas eu recours à une artillerie lourde. Le quotidien gouvernemental Al-Ahram avance pour sa part une tout autre piste : la vedette aurait essuyé des tirs après s'être approchée de trois bateaux suspects, probablement ceux de trafiquants.

Un vide sécuritaire depuis la chute de Moubarak

Une thèse qui écarterait ainsi la nature "terroriste" de l’attaque. Il faut dire que la Méditerranée orientale est en effet fréquentée par des trafiquants de drogue et des passeurs d'immigrés clandestins. L'armée égyptienne en a d’ailleurs fréquemment intercepté au large des côtes. Peut-être le seul territoire où celle-ci n’a pas a essuyé les attentats qui se multiplient à l’encontre des forces de sécurité.

Depuis le départ de Mohamed Morsi,  le pays est régulièrement le théâtre d'attentats . En marge de l’assaut en Méditerranée, deux policiers et trois soldats ont été abattus ce jeudi par des hommes armés dans la péninsule du Sinaï, où l'armée lutte depuis plusieurs mois contre une insurrection djihadiste. En particulier celle d’Ansar Beït al-Maqdess, ce groupe qui a fait allégeance il y a peu à l’Etat Islamique (EI). Fondé à la faveur du vide sécuritaire ayant suivi la chute de Hosni Moubarak en 2011, ce groupe s'est révélé capable de réaliser des attaques de plus en plus sophistiquées malgré l'offensive de l'armée. Fin octobre, 30 soldats avaient par exemple été tués dans le nord du Sinaï dans un attentat suicide.

Les groupes djihadistes disent agir en représailles à la sanglante répression qui s'est abattue sur les pro-Morsi et qui a fait plus de 1.400 morts, pour la plupart des manifestants islamistes. Des centaines de pro-Morsi ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs et 15.000 autres ont été emprisonnés.

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