Egypte : le gouvernement démissionne, al-Sissi en route vers la présidentielle

Egypte : le gouvernement démissionne, al-Sissi en route vers la présidentielle

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POLITIQUE - Le gouvernement égyptien, installé par l'armée après la destitution de l'islamiste Mohamed Morsi, a démissionné lundi à l'approche de l'élection présidentielle. Son commandant-en-chef le maréchal al-Sissi, le nouvel homme fort du pays, devrait être candidat.

Trois ans après la chute d'Hosni Moubarak, l'avenir politique de l'Egypte s'écrit toujours sur du sable. Le gouvernement installé par l'armée après la destitution de l'islamiste Mohamed Morsi a démissionné lundi à l'approche de l'élection présidentielle. Un scrutin durant lequel son commandant-en-chef, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, le nouvel homme fort du pays, pourrait bien être candidat.

Le Premier ministre Hazem el-Beblawi est apparu à la télévision d'Etat pour annoncer la démission de son cabinet dont il a loué le travail en temps de crise. "Le gouvernement a assumé pendant les six ou sept derniers mois sa responsabilité et son devoir", a souligné Hazem el-Beblawi, et "n'a pas épargné ses efforts pour sortir l'Egypte de la mauvaise passe où elle se trouvait". "L'Egypte va de l'avant, cette décision n'aura pas d'impact sur les relations extérieures et sur la stabilité en interne", a promis pour sa part le porte-parole du gouvernement Hani Salah, ajoutant qu'il n'avait pas encore été déterminé quels ministres seraient maintenus. Mais nul doute que le maréchal Abdel Fattah al-Sissi ne devrait pas être reconduit à son poste.

Quelque 1.400 morts depuis sept mois

Véritable architecte de la chute de Morsi, le puissant ministre de la Défense Abdel Fattah al-Sissi, ne cache en effet plus son intention de briguer la présidence. Nommé au plus haut grade de l'armée et mandaté par l'institution militaire pour répondre à "l'appel du peuple" en se présentant à la magistrature suprême, il devait également démissionner du gouvernement pour annoncer sa candidature. Il ne lui reste plus désormais qu'à quitter l'armée ou prendre sa retraite de militaire pour remplir toutes les conditions pour être éligible. L'élection doit se tenir au printemps, selon la "feuille de route" annoncée par l'armée lorsqu'elle a destitué Mohamed Morsi. Le maréchal Sissi, de loin la personnalité la plus populaire du pays, semble en bonne position pour l'emporter. Malgré la crise qui gangrène le pays.

Car depuis sept mois, le nouveau pouvoir mis en place par le très populaire maréchal mène une implacable répression contre toute manifestation des pro-Morsi. Selon Amnesty International, quelque 1400 personnes ont été tuées dans des manifestations, des manifestants islamistes pour l'immense majorité. Des pratiques que "la révolution de la place Tahrir" avait pourtant voulu bannir à jamais.

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