Egypte : militaires et pro-Morsi se donnent rendez-vous dans la rue

Egypte : militaires et pro-Morsi se donnent rendez-vous dans la rue

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MANIFESTATIONS - Alors que le régime militaire au pouvoir célèbre le troisième anniversaire de la révolte qui renversé Hosni Moubarak, les islamistes lui ont donné rendez-vous dans la rue. La tension est au sommet.

Les pro-Morsi ont promis de marquer le coup. L'armée, au pouvoir en Egypte, a lancé ce jeudi les célébrations du troisième anniversaire de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak. Une véritable démonstration de force des militaires, en présence de de leur chef qui dirige aujourd'hui de facto le pays, le général al-Sissi. Mais leurs opposants, les islamistes partisans du président déchu l'an dernier Mohamed Morsi, comptent bien gâcher la fête.

Réunis sous le nom de l'Alliance contre le coup d'Etat, ils ont en effet appelé à 18 jours de protestation à partir de vendredi. 18 jours : le chiffre n'est pas choisi au hasard. Il correspond en effet précisément à la durée des manifestations qui avaient conduit à la chute du régime de Moubarak. Tout un symbole pour les Frères Musulmans, qui souhaiteraient bien rééditer l'exploit. Leur objectif est clairement affiché : "mettre fin au régime militaire qui a commis la plupart, sinon la totalité, des crimes horribles et honteux perpétrés depuis le 25 janvier 2011, et qui ont connu leur apogée depuis le coup d'Etat militaire" ayant renversé Mohamed Morsi.

"Préparez-vous à ce qui va arriver bientôt"

Si leur protestation se présente comme "pacifique", les violences semblent tout de même inévitables. Jeudi, déjà, cinq policiers ont été tués dans l'attaque d'un poste de contrôle routier au sud du Caire. La journée de samedi s'annonce particulièrement tendue. Les deux camps se sont en effet donnés rendez-vous dans la rue pour, selon l'armée, la "Journée nationale de la police". "Préparez-vous à ce qui va arriver bientôt, rendez-vous le 25 janvier", ont ainsi menacé les Frères musulmans mercredi. En riposte, le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, a appelé les partisans du pouvoir à manifester eux aussi en masse ce jour-là, afin de contrer "le plan des Frères musulmans de semer le chaos".

Mais le match s'annonce déjà inégal. En effet, les partisans de Mohamed Morsi, qui organisent régulièrement des manifestations, ne parviennent plus guère à mobiliser en raison de la violente répression engagée contre eux par les autorités. Celle-ci a fait plus d'un millier de morts et conduit à des milliers d'arrestations dans leurs rangs depuis la destitution de l'ex-chef d'Etat.

De son côté, le nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, à la fois chef de l'armée, vice-Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement intérimaire, peut se targuer d'un récent plébiscite. Samedi dernier, en effet, le référendum sur sa nouvelle Constitution l'a emporté avec 98,1% de "oui". L'homme, qui avait lié son destin au résultat du scrutin, voit ainsi sa route tout tracée vers la présidence du pays. L'élection est promise pour cette année.

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