Egypte : une présidentielle à l'issue connue d'avance

International

ÉLECTION - Les Egyptiens votent lundi et mardi pour une élection présidentielle dont l'issue semble jouée d'avance. Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l'armée qui a destitué l'islamiste Mohamed Morsi il y a 11 mois, étant assuré de l'emporter haut la main.

Il continue d'incarner, pour beaucoup d'Egyptiens, l'espoir d'un retour à la stabilité dans le pays. Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l'armée qui a destitué l'islamiste Mohamed Morsi il y a 11 mois, devrait sans surprise sortir vainqueur de l'élection présidentielle qui aura lieu lundi et mardi.

L'homme à poigne qui pourrait mettre fin aux trois années de "chaos" et de crise économique qui ont suivi la révolte de 2011, a appelé ses compatriotes, au dernier jour de la campagne électorale, à voter massivement. "Vous êtes descendus (dans la rue) le 30 juin car l'Egypte était en danger", a-t-il dit, en allusion aux millions de personnes qui avaient manifesté pour réclamer le départ de Mohamed Morsi accusé d'accaparer le pouvoir au profit de sa seule confrérie des Frères musulmans. "Vous devez descendre maintenant plus qu'aucune autre fois dans l'histoire du pays" pour voter, a ajouté l'archi-favori du scrutin.

Election sur fond de violences

L'influent prédicateur Youssef al-Qaradaoui, considéré comme l'éminence grise des Frères musulmans, a de son côté appelé les Egyptiens à "rester à la maison" les jours du scrutin. "Ne participez pas à l'élection d'un homme souillé de la tête aux pieds par le sang d'innocents", a lancé le dignitaire qatari d'origine égyptienne.

Cette élection présidentielle, qui sera suivie par des élections législatives censées clore la "transition démocratique" annoncée par al-Sissi le trois juillet, se tiendra sur fond de violences quasi quotidiennes. Les forces de sécurité, d'une part, répriment en effet dans le sang la contestation des islamistes pro-Morsi - et étouffent désormais aussi l'opposition progressiste des mouvements de la jeunesse -. D'autre part, des combattants radicaux attaquent chaque jour policiers et soldats. Des attentats qui ont fait, selon le gouvernement, quelque 500 morts. Des associations de défense des droits de l'Homme se sont déjà inquiétées de la menace qui pèse sur les libertés. Abdel Fattah al-Sissi a de son côté estimé, durant sa campagne, que l'Egypte ne serait pas prête pour la "vraie démocratie avant 20 à 25 ans".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter