"On a gagné cette élection" : Donald Trump tente un passage en force avant la fin du dépouillement

Il l’assure, il a "gagné". Alors que le décompte des voix est toujours en cours aux Etats-Unis, Donald Trump a pris la parole pour revendiquer la victoire. Allant jusqu’à dénoncer "une grande fraude", il a annoncé vouloir faire un recours " devant la Cour suprême".
Pour l’emporter, un candidat doit obtenir au moins 270 des 538 grands électeurs attribués au niveau des Etats. Mais au moment de sa prise de parole, Donald Trump ne comptabilisait que 213 grands électeurs, contre 221 pour Biden.

ÉLECTION - Alors que les bulletins sont encore en cours de décompte dans certains États-clés, le président américain Donald Trump assure qu'il a "d'ores et déjà gagné", et veut "interrompre le vote" pour prévenir ce qu'il identifie des risques de "fraude".

Qui sera le prochain président des États-Unis ? Les urnes n'ont pas encore rendu leur verdict - et il faudra sans doute attendre plusieurs heures, pour ne pas dire plusieurs jours, pour cela - mais pour Donald Trump, le match est déjà joué. "Je voudrais remercier les Américains de leur soutien extraordinaire, on a gagné cette élection", a-t-il affirmé dans un discours prononcé vers 8h30, heure française (voir vidéo en tête de cet article).

Deux heures plus tôt, son adversaire démocrate, Joe Biden, avait lui aussi affiché sa confiance. "On va gagner cette élection, votre patience sera couronnée de succès", avait-il affirmé, tard dans la nuit dans son fief du Delaware, devant quelques fans. Ce à quoi Donald Trump n'a pas manqué de lui répondre. "Un petit groupe de misérables essaie de nous voler l'élection, mais nous n'allons pas le permettre", a-t-il dénoncé depuis la Maison Blanche. "Nous étions prêts à célébrer la victoire, parce que nous gagnons partout, et tout d'un coup, cela a été annulé."

Toute l'info sur

Élection américaine : Trump vs Biden, la folle campagne

"Pratiquement impossible de nous rattraper"

Le président américain s'est ensuite empressé d'annoncer les résultats, encore incertains, des États-clés qui feront la différence dans ce scrutin, alors qu'aucun des deux candidats n'a encore franchi la barre des 270 grands électeurs, nécessaire pour gagner. "Il apparaît clairement que nous avons gagné la Géorgie, ils ne pourront pas nous rattraper", a proclamé Donald Trump, alors qu'il ne dispose que de deux points d'avance et qu'il reste 8% des bulletins à éplucher. "La Caroline du Nord aussi. Nous allons gagner en Pennsylvanie avec une très forte marge. Nous avons plus de 690.000 (voix d'avance) en Pennsylvanie, ce n'est même pas serré, avec 64% des votes déjà décomptés. Cela sera pratiquement impossible de nous rattraper." L'ensemble des analystes s'accordent pourtant à dire que, les derniers bulletins provenant du vote par correspondance, privilégié pour l'essentiel par des électeurs démocrates, l'Etat minier lui est tout sauf acquis.

Lire aussi

Donald Trump, déjà vainqueur dans les "Swing States" comme l'Ohio, la Floride et l'Iowa, est également gagnant au Texas, bastion républicain depuis 1980 mais où l'écart entre les deux candidats était extrêmement serré dans les sondages. "J'ai parlé avec cet extraordinaire gouverneur du Texas il y a peu, il m'a demandé ce qu'il se passait, m'a dit qu'il n'avait jamais vu ça. Mais personne n'a jamais vu ça, il y a tellement d'États que nous avons gagnés. C'est une nuit extraordinaire."

Trump veut "interrompre le vote", les démocrates crient au scandale

Affichant une grande confiance, convaincu de sa victoire suite aux premiers résultats dans les États encore en cours de dépouillement, Donald Trump dénonce "une tentative de fraude" de la part du camp adverse. "Qu'ils gagnent ou ne gagnent pas, ils allaient faire des recours judiciaires. C'est une tentative de fraude, on a essayé de mentir aux Américains. C'est gênant pour les États-Unis, parce que nous étions prêts à gagner cette élection et on a gagné cette élection pour ne rien vous cacher", a-t-il assuré. "C'est une grande fraude que l'on essaie d'imposer à notre pays."

Le président américain veut désormais saisir la Cour suprême pour faire cesser les décomptes. "Nous voulons que la loi soit bien utilisée", a indiqué le locataire de la Maison Blanche. "Donc nous ferons un recours devant la Cour suprême, nous voulons interrompre le vote, nous ne voulons pas qu'ils trouvent des bulletins à 4h du matin pour essayer de les rajouter de manière frauduleuse. Nous avons d'ores et déjà gagné."

Des propos qui ont fait immédiatement bondir son adversaire démocrate, Joe Biden. Dans un communiqué relayé par l'AFP, Jen O'Malley Dillon, la cheffe de campagne de l'ancien vice-président, a jugé "scandaleuse" et "sans précédent" la volonté affichée de Donald Trump d'arrêter le décompte des bulletins. Elle a également indiqué que les démocrates étaient prêts à "combattre" en justice si le candidat républicain saisissait la Cour suprême. "Nous sommes encore confiants qu'une fois le processus achevé, Joe Biden sera le prochain président des États-Unis."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Feu vert de l'Assemblée nationale à l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1er juin

EN DIRECT - À peine président, Joe Biden signe une série de décrets dont le retour dans l'Accord de Paris

Covid-19 : l'explosion des variants est-elle provoquée par le vaccin Pfizer ?

Vents violents : cinq départements désormais en vigilance orange

"Langue Covid" : un nouveau symptôme du virus ?