Élection américaine : le vote peut-il être arrêté, comme le réclame Donald Trump ?

Élection américaine : le vote peut-il être arrêté, comme le réclame Donald Trump ?

GUERRE DES NERFS – Donald Trump menace de saisir la Cour suprême pour arrêter le décompte des voix, alors que le président républicain est annoncé en tête dans plusieurs États-clés après les résultats partiels. Mais en a-t-il le droit ?

Il a annoncé vouloir saisir la Cour suprême. Dans sa première prise de parole après la fermeture des bureaux de vote, le président américain Donald Trump a listé tous les États dans lesquels les résultats, encore partiels, le donnaient vainqueur, et annoncé vouloir arrêter les votes. "En Pennsylvanie, nous avons plus de 690.000 (voix d’avance), avec 64% des votes déjà décomptés, cela sera pratiquement impossible de nous rattraper", a-t-il lancé depuis la Maison Blanche, prenant également les exemples de la Caroline du Nord et de la Géorgie pour justifier sa prise de position.

Donald Trump dénonce en effet des "tentatives de fraude" si les résultats venaient à s’inverser, notamment après le décompte des votes par correspondance, qui pourraient s'avérer plutôt favorables au candidat démocrate. "C’est une grande fraude que l’on essaie d’imposer à notre pays", a-t-il déploré. "Nous ferons un recours devant la Cour suprême, nous voulons interrompre le vote, nous ne voulons pas qu’ils trouvent des bulletins à 4h du matin pour essayer de les rajouter de manière frauduleuse."

Mercredi dans la journée, le président sortant a annoncé différentes actions en justice : Donald Trump demande une suspension des dépouillements en Pennsylvanie, dans le Michigan et en Géorgie. Il demande par ailleurs un recomptage des voix dans le Wisconsin.

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Pour Trump, "le 4, le 5 ou le 6 novembre, ce n’est plus le jour des élections"

Concernant l'interruption des votes, l'argumentaire de l'actuel président est bien rôdé : ne plus comptabiliser les votes à partir de ce mercredi relèverait de la logique puisque l'élection ne peut avoir lieu que le 3 novembre. "Au moment où nous parlons, c’est Donald Trump qui est en tête dans la plupart des États-clés", rappelle Jean-Éric Branaa, chercheur à l’IRIS et spécialiste des États-Unis, sur LCI (voir vidéo en tête de cet article). "Si on arrête le vote, il sera déclaré vainqueur."

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Une décision qu’il justifie par la loi américaine. "D’après le code électoral, le vote a lieu le premier mardi après le premier lundi de novembre, c’est-à-dire le 3 novembre", poursuit Jean-Éric Branaa. Selon Donald Trump, "le 4, le 5, le 6, ce n’est plus le jour des élections donc on ne doit pas enregistrer de votes supplémentaires. C’est son interprétation, puisqu’il se trouve que la Cour suprême a déjà dit que les votes pouvaient arriver après."

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Fin octobre, la Cour suprême avait en effet refusé d’intervenir à propos d’une demande du camp républicain, qui souhaitait que tous les votes arrivant jusqu’à trois jours après l’élection ne soient pas comptabilisés en Pennsylvanie, État au cœur de la bataille. La Cour suprême, par 4 voix contre 4, n’avait pas bloqué ce processus.

Mais depuis, Donald Trump y a nommé Amy Coney Barrett, une magistrate conservatrice, dont la voix pourrait faire la différence en cas de recours. Le mois dernier, la nouvelle juge de la Cour suprême avait refusé de s’engager à s’abstenir en cas de litige.

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