Elections américaines : que sont les "swing states", ces Etats-clés redoutés par les candidats ?

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ENJEU - Comme tous les quatre ans, le résultat de l'élection présidentielle américaine dépendra beaucoup des Etats-charnière, comme la Floride ou l'Ohio, qui peuvent basculer au dernier moment. Focus sur ces "swing states", clés de voûte de ce système électoral.

C’est la même interrogation d’élection en élection aux Etats-Unis. Quel Etat fera basculer l’élection présidentielle ? Les "swing states" sont des Etats où le vote change d’une élection à l'autre et où les résultats font basculer le scrutin. Ils sont une dizaine en tout. 

  • 1Qu’est-ce qu'un "swing state" ?

    Traduit littéralement, un "swing state" est un Etat-pivot, Etat-charnière ou Etat-indécis. Dans chacun d’entre eux, le vote n’est acquis ni pour les républicains, ni pour les démocrates, qui ont chacun traditionnellement leurs fiefs. Tous les quatre ans, les électeurs sont divisés. Souvent les plus peuplés, ils possèdent chacun un nombre de grands électeurs en fonction de ce facteur. Le candidat doit y emporter la totalité du collège électoral.
  • 2Quels sont ces Etats ?

    En tout, ils sont une dizaine : Colorado, Floride, Iowa, Michigan, Nevada, New Hampshire, Ohio, Pennsylvanie, Wisconsin, Virginie et Caroline du Nord. Sur les dernières élections, la présidence s’est gagnée dans deux Etats : la Floride et l’Ohio (les plus peuplés et donc ceux qui disposent du plus grand nombre de grands électeurs). L’Ohio a d’ailleurs été le baromètre du nom du futur président depuis 1960. Cette année encore, aussi bien Donald Trump qu’Hillary Clinton jettent leurs forces dans ces deux Etats. Mais un autre pourrait se révéler tout aussi déterminant : la Pennsylvanie.
  • 3Quels grands électeurs ?

    Parmi ces Etats-charnière, certains sont prisés plus que d’autres, du fait du nombre élevé de leurs grands électeurs. Ainsi la Floride en compte pas moins de 29, l’Ohio 18 et la Caroline du Nord 15, soit beaucoup plus que les autres. Ce rôle des grands électeurs étant crucial dans le scrutin américain, plus que le vote populaire.
  • 4Un vote selon la classe sociale ?

    Révélateur de l’élection, l’Ohio semble promis à Trump cette année. En cause, une population à forte majorité blanche et issue de la classe ouvrière qui lui fait plus confiance. Idem pour le Nevada, dit le "swing state de l’alternance". Remporté par Clinton en 1992 et 1996, il avait ensuite été repris par George W. Bush en 2000 et 2004, puis par Obama en 2008 et 2012. Ces électeurs sont aussi à forte majorité blanche, peu diplômés et lassés d’une économie en berne. La Caroline sera en balance aussi dans une semaine. Si Barack Obama l’avait emporté en 2008 dans le Nord, c’est Mitt Romney en 2012 qui avait glané le Sud. Scénario inverse en Géorgie. Avec un habitant sur trois issu de minorités ethniques, l’Etat pourrait changer de sens. Enfin, autre Etat en balance, le Colorado. A forte majorité mexicaine, il avait été remporté par Barack Obama en 2008 et 2012, mais était un fief des républicains précédemment. Les démocrates ont une courte tête d’avance pour le moment.
  • 5Trump condamné à l'exploit ?

    Dans tous les cas, Donald Trump doit nécessairement emporter plus de "swing states" que son adversaire Hillary Clinton. Selon les prédictions des Etats acquis à chacun des camps, Hillary Clinton réunirait plus de grands électeurs pour le moment (226 contre 154). Il lui en manquerait 44 pour atteindre le nombre requis (270). Dans ces conditions, le candidat républicain serait quasiment contraint à un sans-faute dans les "swing states" pour succéder à Barack Obama.

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