Election controversée d'un Chinois à la tête d’Interpol

Election controversée d'un Chinois à la tête d’Interpol

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PURGE DÉGUISÉE ? - Le vice-ministre chinois de la Sécurité publique a été nommé jeudi dernier à la tête d'Interpol. Une élection controversée pour certains observateurs qui accusent Pékin de se servir de l'organisation pour arrêter des dissidents enfuis à l'étranger.

C’est une première pour l’empire du Milieu. Un Chinois a été élu le 10 novembre à la présidence d’Interpol, organisation internationale de coopération policière entre ses 190 pays membres. Meng Hongwei, vice-ministre chinois de la Sécurité publique, succède ainsi à la Française Mireille Ballestrazzi, patronne de la police judiciaire dans l’Hexagone.


Des pays membres d'Interpol et des ONG ont émis des réserves à la nomination de Meng Hongwei : selon eux, Pékin pourrait en profiter pour faire arrêter des dissidents réfugiés à l’étranger. Ils accusent la Chine d'agir en secret sur leur sol, ou rechignent à expulser des suspects dans un pays accusé par certaines organisations de ne pas respecter les règles du procès équitable.

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"La Chine a longtemps utilisé Interpol pour arrêter des dissidents"

La Chine mène depuis 2012 une campagne pour traquer et rapatrier les nombreuses personnes qu’elle soupçonne de corruption et qui se sont réfugiées à l'étranger pour échapper à la prison. Cette campagne anti-corruption est soupçonnée de servir de purge déguisée au sein du Parti communiste chinois, et la garantie d’un procès équitable au retour des suspects est loin d’être acquise, note Géopolis.  


"Cette nomination est inquiétante car la Chine a longtemps utilisé (...) Interpol pour arrêter des dissidents et des réfugiés à l'étranger, analyse William Nee, spécialiste de la Chine à Amnesty International. Il est arrivé que la Chine abuse du système Interpol pour viser des dissidents ouighours qui, à notre connaissance, n'avaient rien fait de répréhensible selon les standards internationaux."  


Selon Associated Press, Pékin a déposé une liste de 100 personnes les plus recherchées auprès d'Interpol en avril 2014, dont environ un tiers ont été ramenées en Chine pour y être jugées. Interpol n'a pas le pouvoir d'envoyer des policiers dans les pays pour arrêter des individus, ni pour délivrer des mandats d'arrêt. Mais il peut émettre un avis rouge, une alerte internationale pour une personne recherchée.

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