Rappeur, PDG, ex-acteur... ils sont aussi candidats à la présidentielle américaine

Rappeur, PDG, ex-acteur... ils sont aussi candidats à la présidentielle américaine

ÉLECTION - Mardi 3 novembre, les Américains devront choisir un nouveau président pour les quatre prochaines années. Si on connaît les deux principaux rivaux, Joe Biden et Donald Trump, quels sont les autres candidats ? LCI fait le point.

Depuis plus de 170 ans, la course à la Maison Blanche se joue dans la grande majorité des cas entre un démocrate et un républicain. Alors oui, ce mardi 3 novembre, les Américains choisiront entre Donald Trump et Joe Biden mais pas seulement… En effet, les électeurs peuvent également choisir une large ribambelle de candidats indépendants. 

En 2016, plus de 7,6 millions de personnes avaient voté pour un autre candidat que Donald Trump ou Hillary Clinton. Avant ça, la dernière campagne réussie d’un candidat indépendant remonte à 1992. À l’époque, Ross Perot avait remporté plus de 19,7 millions de voix. Pour beaucoup d’experts, cette candidature, qui avait empoché 18,91% des voix, a coûté sa réélection à George H.W. Bush face à Bill Clinton.

Alors même si la plupart d’entre eux ont peu de chances d’espérer une issue positive, LCI.fr vous propose un tour d’horizon des principaux "petits" candidats indépendants. 

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Élection américaine : Trump vs Biden, la folle campagne

Jo Jorgensen, parti libertarien

Âgée de 63 ans, Jo Jorgensen, universitaire et professeur en psychologie, est la candidate du Parti libertarien. Elle est la seule avec Joe Biden et Donald Trump à apparaître sur les bulletins de vote des 50 États. Pour cette militante politique, ce n’est pas sa première campagne présidentielle comme candidate. En 1996, elle était déjà la colistière du candidat libertarien à la présidence, Harry Browne.

Le programme de Jorgensen s’inspire de la philosophie de son parti, qui veut limiter au maximum la puissance de l’État tout en soutenant les libertés individuelles. Sa plateforme s’oppose notamment aux programmes fédéraux, aux incarcérations de masse ou aux opérations militaires extérieures. Elle souhaite transformer les États-Unis en "une Suisse géante, armée et neutre", comme elle l’affirme dans un clip de campagne.

Le candidat à la vice-présidence de Jo Jorgensen est l’entrepreneur Jeremy “Spike” Cohen.

Howie Hawkins, le Parti vert

Howie Hawkins, 67 ans, est le candidat du Parti vert des États-Unis, qu’il a cofondé en 2001. Cet activiste est engagé en faveur de l’écologie et contre les guerres (notamment celle du Vietnam) depuis les années 60. C’est sa première candidature à la présidentielle mais pas sa première incursion dans le monde politique. Depuis une vingtaine d’années, il a été candidat à plusieurs élections locales à New York, où il a souvent fait des scores marginaux. Cette année, son nom apparaîtra sur les bulletins de 29 États et de la ville de Washington. Il sera un write-in candidate dans 17 États. Cela signifie que le nom de Howie Hawkins n’apparaîtra pas sur les bulletins de ces États mais que les habitants pourront quand même voter pour lui.

Le candidat vert défend un programme très à gauche pour le monde politique américain. Il réclame, comme la branche gauche du parti démocrate, un "green New Deal", qu’il se vante d’avoir inventé, visant à passer à 100% d’énergies renouvelables d’ici à dix ans. Il souhaite financer ce plan massif en réduisant de 75% le budget de la Défense. Pacifiste depuis ses jeunes années, il prône la fin des "guerres sans fin" et propose de rapatrier toutes les troupes aux États-Unis.

Sa colistière pour le poste de vice-présidente est Angela Walker.

Kanye West, le Birthday Party

C’est de très loin le plus connu des petits candidats. Le rappeur et milliardaire de 43 ans se présente pour la première fois de sa vie (déjà bien remplie) à la présidentielle américaine. West est le candidat de son propre parti, le Birthday Party. Il sera présent sur les bulletins de vote de seulement 15 États et pourra être un write-in candidate dans cinq autres. 

Lorsqu’il s’est lancé en juillet dernier, de nombreux experts voyaient en la candidature du rappeur un moyen de siphonner des voix à Joe Biden et donc d’avantager Donald Trump, qu’il a soutenu pendant la majorité de son mandat, avant de le critiquer. Mais sa candidature n’a pas décollé depuis : il est crédité seulement de 1 à 2% des voix.

Si Kanye West n’a pas donné un programme complet, sa plateforme tourne autour "dix points clés", tous accompagnés d’un verset de la Bible. Pour la plupart, ils tournent autour de problématiques propres au milieu conservateur. Il prône notamment le retour de la prière dans les salles de cours, une défense nationale forte mais aussi la fin du droit à l’avortement. Cependant, il souhaite aussi des mesures plus progressistes comme une réforme de la police ou l’utilisation poussée des énergies renouvelables.

Sa colistière est la prêcheuse et coach spirituelle, Michelle Tidball.

Roque "Rocky" De La Fuente, l’Alliance Party

Businessman de 65 ans, Roque "Rocky" De La Fuente est candidat pour l’Alliance party. C’est la seconde candidature à la présidentielle après celle de 2016 de cet ancien propriétaire de banques et de concessions automobiles. Il a également tenté d'être élu au poste de maire de New York ou au Congrès de Californie. L’entrepreneur sera présent sur les bulletins de vote de 16 États et sera un write-in candidate dans quatre autres. Il est aussi le candidat du Parti de l’indépendance américaine en Californie avec comme vice-président, Kanye West.

Comme la plupart des petits candidats, il appelle les Américains à rejeter le système politique actuel, polarisé autour de deux partis. Il soutient une réforme du système migratoire, un investissement massif dans les énergies renouvelables et un nouveau système de santé.

Son colistier est l’auteur, historien et activiste, Darcy Richardson.

Don Blankenship, le Parti de la Constitution

C’est un candidat sulfureux. Ancien PDG du géant du charbon Massey Energy, Don Blakenship, 70 ans, a fait un an de prison après avoir violé des normes de sûreté dans une de ses mines, causant le décès de 29 personnes en 2010. Malgré ses démêlés judiciaires, l’ancien chef d’entreprise s’est présenté à l’élection sénatoriale de 2018 en Virginie-Occidentale. C’est la première fois de sa vie qu’il se présente à la présidentielle comme candidat du Parti de la Constitution. Il sera présent sur les bulletins de vote de 18 États et sera un write-in candidate dans quatre autres.

Avec un profil similaire à celui de Donald Trump, Don Blakenship porte un programme résolument conservateur et soutien par exemple la fin de l’IVG, la protection du second amendement, qui permet aux Américains de posséder des armes à feu, ou encore la construction d’un mur. Malgré sa proximité idéologique avec le président, Blakenship veut se différencier et affirme qu’il fera ce que Donald Trump n’a pas fait pendant son mandat. 

Son colistier est l’ancien membre du Parti républicain, William Mohr.

Brock Pierce, candidat indépendant

Après un rappeur ou un PDG condamné, un ancien acteur. Brock Pierce, 39 ans, se présente comme candidat indépendant pour la première fois de sa vie. Connu comme acteur dans sa jeunesse, il a joué dans des films Disney comme Les Petits Champions ou Président junior, Brock Pierce a fait fortune par la suite dans les crypto-monnaies. Il pèse entre 700 millions et 1,1 milliard de dollars, selon le magazine Forbes. En tant que candidat, son nom apparaîtra dans 15 États ainsi qu’à Washington D.C. Il sera un write-in candidate dans cinq autres.

Son programme tourne autour de mesures progressistes comme la légalisation du cannabis, un système de santé publique pour tous et la fin des émissions carbone d’ici 20 ans.

Sa colistière est l’entrepreneuse Karla Ballard. 

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