Elections américaines 2018 : un an après #MeToo, les femmes plus combatives que jamais

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MIDTERMS - Un nombre record de femmes se présentent au Congrès le 6 novembre, que ce soit du côté républicain ou démocrate. Une vague de candidatures dans le sillage du mouvement #MeToo.

Reprendre la majorité au Congrès pour contrer les politiques du président républicain. Voici l’objectif du camp démocrate lors des scrutins parlementaires du 6 novembre. Sauf que cette reconquête ne pourra pas se faire sans les femmes : un an après le mouvement #MeToo, les candidates n’ont jamais été aussi nombreuses, peu importe leur couleur politique.


Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un nombre record de femmes - 198 démocrates et 59 républicaines - se présentent au Congrès. A l’heure actuelle, elles n'occupent encore que 20% des sièges que les Américains vont renouveler (à savoir les 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat). Scientifiques, anciennes combattantes, avocates, chefs d'entreprises, mères de famille… difficile de dresser le portrait-robot de celles qui se lancent dans la bataille électorale. 

"On dirait que le changement est en marche"

Seule certitude : l’impact de #MeToo s’est déjà fait sentir dans la vie politique américaine. En particulier côté démocrate. Un coup d’œil aux primaires qui se sont déroulées début septembre suffit à le comprendre. Par exemple dans le Massachusetts. C’est là qu'Ayanna Pressley (photo ci-dessus), une élue locale noire, a écarté Michael Capuano, un vieux routier démocrate qui siégeait au Congrès depuis 20 ans. Militante de longue date, cette native de Chicago a cité pendant la campagne son expérience de femme sexuellement agressée et sa proximité avec les classes populaires pour assurer qu'elle serait "une dirigeante différente". "On dirait que le changement est en marche", a déclaré celle qui, sans rival côté républicain, est assurée de siéger à Washington lors de la prochaine législature.

Autre cas, celui d'Alexandria Ocasio-Cortez, 28 ans. Cette hispanique du Bronx a évincé le ténor démocrate Joe Crowley en juin lors d'une primaire à New York; Andrew Gillum, maire noir de 39 ans investi par les démocrates pour briguer le poste de gouverneur en Floride; ou Stacey Abrams, noire elle aussi et investie pour l'élection de gouverneur dans l'Etat voisin de Géorgie.

"Les femmes sont en colère"

Preuve d’un enthousiasme croissant pour bousculer la politique "anti-femme" de Trump, la Women's March qui s'est déroulée début octobre à Chicago a rassemblé des milliers de personnes. Les slogans inscrits sur les pancartes ? "Votez, votre vie en dépend!", "Chaque vote, chaque élection, tout compte". Devant les caméras, l'organisatrice Jessica Schillera estimé que la récente intronisation à la Cour suprême du juge Brett Kavanaugh, candidat du président Trump, malgré les accusations d'abus sexuels le visant, avait galvanisé de nombreuses femmes présentes dans la manifestation. 


"Les femmes sont en colère, et nous commençons à nous sentir à l'aise dans cette colère", a-t-elle déclaré, en référence à l'arrivée de Brett Kavanaugh à la Cour suprême. La nomination par Donald Trump de ce farouche défenseur des valeurs conservatrices pourrait en effet peser lourd dans les urnes, le 6 novembre. Et pourquoi pas provoquer la chute de Donald Trump et sa majorité au Congrès ? Ce ne serait pas la première fois : en 1991, la professeure Anita Hill avait accusé le juge Clarence Thomas, confirmé à la Cour suprême, de harcèlement sexuel. George H. W. Bush l'avait payé cash aux élections de novembre, puisque 47 femmes avaient été élues au Congrès. Soit quasiment deux fois plus qu’auparavant.

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