"Sa vision de la femme nous ramène aux années 30" : comment Trump s'est mis à dos de nombreuses électrices

"Sa vision de la femme nous ramène aux années 30" : comment Trump s'est mis à dos de nombreuses électrices

TÉMOIGNAGE - Démocrates et républicains tentent de séduire les femmes, qui représentent la majorité du corps électoral, selon le Bureau de recensement américain. Convoitées comme jamais, leurs voix pourraient s'avérer décisives. Nos envoyés spéciaux aux Etats-Unis les ont rencontrées.

Jamais, sans doute, dans toute l’histoire des États-Unis, les femmes n’avaient occupé une place aussi centrale dans l’élection présidentielle. Selon Magali Barthes, envoyée spéciale à Washington pour LCI, l’électorat féminin penche très sérieusement pour Joe Biden qui a "entre 20 et 30 points d’avance sur Donald Trump" à quelques heures des élections. Un écart qui, selon notre journaliste, "tient du jamais-vu dans le cadre d’une élection américaine". 

Lors de la précédente élection, il y a quatre ans, les femmes américaines avaient majoritairement fait confiance à Donald Trump face à Hillary Clinton. Malgré des accusations d’agression sexuelle, des propos misogynes et une position controversée sur l’avortement, Donald Trump avait paradoxalement conquis la Maison Blanche en partie grâce à leur vote (42% en 2016). Les pronostiqueurs d'alors les pensaient à tort massivement acquises à son adversaire Hillary Clinton. 

Aujourd’hui, les femmes de banlieue ayant massivement voté Trump en 2016 s’en mordent les doigts, comme en témoignent d'anciennes électrices de Trump. Nos correspondants ont rencontré Jodie, infirmière, et Kelly, travaillant dans les assurances, deux républicaines convaincues issues de la banlieue de Gettysburg (Pennsylvanie). Pour la première fois, elles avouent avoir changé de camp politique.

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"Je n'aurais jamais imaginé avoir un drapeau démocrate dans mon jardin" assure Kelly à nos équipes. Il y a quatre ans, cette dernière a voté pour l’homme d’affaires en raison de son aversion pour Hillary Clinton. Même cas de figure pour Jodie, ancienne électrice de Donald Trump : "En 2016, on ne faisait plus confiance à aucun politicien", se souvient-elle. Une fois Trump au pouvoir, les deux Américaines ont regretté amèrement leur choix. 

Jodie désapprouve violemment la façon dont Trump a séparé les familles à la frontière mexicaine. Et puis arrive la pandémie, creusant le schisme politique : "Il a été totalement inapte et dangereux, il n’écoute personne", poursuit Kelly. Et Jodie de s'inquiéter de son électorat : "Quand je vois ses meetings pleins à craquer, sans aucun masque ni aucune distanciation… C’est à cause d’eux que les soignants traversent ces horreurs." 

Dans ces meetings, Donald Trump, conscient que les femmes jouent un rôle majeur dans ces élections, tente de reconquérir cet électorat : "Femmes de banlieue, aimez-moi. On va remettre vos maris au boulot", scande-t-il lors de ses meetings. Des envolées qui font éclater de rire nos deux témoins : "On travaille nous aussi", rétorque Jodie. "Il a une vision de la femme qui nous ramène aux années 30, au mieux au début des années 60. Ce n’est plus du tout notre monde." 

Ces deux Américaines expliquent par ailleurs qu'elles sont pas les seules à avoir fait volte-face, beaucoup de leurs voisines et de leurs amies promettent de voter pour Joe Biden, assurent-elles, "pour réconcilier le pays". Dans ces banlieues, le "tout sauf Trump" se révèle un mot d’ordre rassembleur. Reste à savoir s'il sera suivi d'effets.      

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