Elections américaines : la campagne calamiteuse de Jeb Bush

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ETATS UNIS - La candidature de Jeb Bush est en péril, l’ancien gouverneur n'ayant obtenu que 3% des voix à la primaire de l’Iowa. Pourtant, il était l'un des favoris de la course à la Maison Blanche. La primaire du New Hampshire le 9 février devrait sceller son sort.

Trois jours après la primaire de l’Iowa, le camp républicain compte ses victimes. Trois candidats ont en effet jeté l’éponge : Mike Huckabee, Rand Paul et Rick Santorum. Seront-ils bientôt suivis de Jeb Bush ? Le fils et frère des deux derniers présidents républicains est sur la pente raide après son score poussif de 2,8% lundi.

Preuve d’une campagne qui décidément ne décolle pas, cette vidéo qui circule depuis mercredi sur les réseaux sociaux. On y voit l’ex-gouverneur de Floride tenir un meeting dans le New Hampshire, où se déroule la prochaine primaire. Ou plutôt, essayer de tenir un meeting : devant des partisans hagards, l’homme vante les mérites de sa posture de commandant en chef, capable de tenir les rênes du pays. “Je ne serai pas là en train de fanfaronner et de faire des grands discours sans agir”, claironne-t-il. Réponse du public ? Un silence assourdissant. “Applaudissez s'il vous-plaît”, lance alors Jeb Bush, suscitant le fou rire de l’assistance... et un grand moment de gêne.

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"Une affaire de vie ou de mort"

Pourtant, sa candidature était partie sur les chapeaux de roues. Les amis du républicain âgé de 62 ans avaient levé plus de 100 millions de dollars avant même sa déclaration formelle, le 15 juin 2015. Le lendemain, Donald Trump se lançait à son tour, bouleversant la course des primaires. Aujourd'hui, Jeb Bush recueille en moyenne entre 3 et 4% des intentions de vote, et Donald Trump (34%) se moque souvent de lui pour son manque d'énergie. Il est allé jusqu'à le tancer en l'encourageant à utiliser son nom de famille pour remonter.

Un héritage familial synonyme de fardeau après plusieurs mois à sillonner le pays. Selon un sondage du Public Religion Research Institute, 61% des électeurs républicains jugeaient "mauvaise" pour le pays l’élection "d’un autre président issu des familles Bush et Clinton." Les moqueries à répétition de Donald Trump sur son supposé manque d’énergie n’ont fait qu’aggraver son cas. "Il avoue ne pas comprendre ce phénomène", a concédé à l’AFP un grand donateur de Jeb Bush. Selon lui, le républicain est atterré face au succès d'un homme ayant une si faible maîtrise des enjeux de politique étrangère. Jeb Bush est choqué, dit-il, "qu'un homme comme Trump soit récompensé pour tant de déclarations intolérantes, scandaleuses et fausses".

"J'ai fini par me dire que pour Jeb, le New Hampshire était une affaire de vie ou de mort", dit le donateur. "Je n'aurais jamais imaginé ça. Il a mis énormément de ressources sur le New Hampshire, comme s'il mettait tous ses jetons au milieu de la table". Le temps pourrait finalement jouer en sa faveur : New York, l'Illinois, l'Ohio, le Wisconsin, la Pennsylvanie voteront en mars et avril, et la Californie et le New Jersey en juin. Et les républicains y sont jugés plus traditionnels et peut-être moins enclins à voter Trump.

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